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ARTICLE DU 19/10/2005

Eruption terminée : “On ne sait jamais quand on revient”


Nouvelle éruption ou pas, l’escadron de gendarmerie mobile de Strasbourg actuellement à la Réunion doit boucler son paquetage à l’issue de la visite de François Baroin. Venu initialement en renfort pour Nicolas Sarkozy, il a joué les prolongations de manière inattendue. Une expérience inédite pour ces parachutés sur le volcan.

Ce sont surtout les spectateurs de l’éruption du piton de la Fournaise qui ont vu les 75 gendarmes de l’escadron mobile de Strasbourg, en treillis ou tee-shirt noir estampillé “Gendarmerie” dans le dos. Il ne leur manquait que le bob et la crème solaire. Or, ces accessoires n’étaient pas vraiment prévus dans leur paquetage lorsqu’ils ont atterri à Gillot le 24 septembre. Comme l’avouait un gendarme en poste il y a quelques jours au bord du cratère Dolomieu : “On sait quand on part, on ne sait jamais quand on revient”. De fait, l’escadron envoyé sous les tropiques pour accompagner le ministre de l’Intérieur s’envole ensuite pour Mayotte, où il officie une semaine. C’est alors que le piton de la Fournaise se réveille, le 4 octobre, et la préfecture décide d’ouvrir l’enclos du volcan au public, le samedi 8. Vu le dispositif retenu, difficile d’engager les gendarmes locaux déjà écrasés de travail pour assurer la sécurité dans l’enclos de 6 h du matin à 17 h 30 tous les jours. L’escadron providentiel fera donc l’affaire. Quatre équipes de seize gendarmes se relaient tous les quatre puis tous les trois jours sur le volcan. Logés dans un hôtel au confort de base à Saint-Denis, mais bien agréable par rapport à un casernement classique, assurent-ils, ils se lèvent vers 2 h 30 du matin et une première équipe de huit hommes monte en première ligne : ils doivent être à pied d’œuvre au pas de Bellecombe avant l’arrivée du public et l’ouverture de l’enclos à 6 h. Une seconde équipe de huit arrive en renfort en cours de matinée. Le soir, après la fermeture de l’enclos à 17 h 30, retour à l’hôtel-caserne, vers 20 h 30. Briefés par le Peloton de gendarmerie de haute montagne de la Réunion qui les a accompagnés le premier week-end, les gendarmes strasbourgeois n’en ont pas moins découvert le volcan comme n’importe quels touristes, Guide du routard en moins peut-être, mais avec cette même impression de débarquer sur une autre planète. Mission : surveiller les allées et venues, encadrer la sécurité des visiteurs ! Des journées au grand air plutôt sévères, sans même la possibilité de jeter un coup d’œil de plus près à l’éruption. Et le soleil, traîtreusement, avec l’aide du vent et du froid, se charge de rougir et de dessécher les visages et les nuques de ceux qui n’ont pas pensé à se protéger. Au point pour l’un des gendarmes portant les stigmates de cette imprévoyance d’être affublé gentiment du ti nom gâté “Lèvres en feu”... Pour une opération Fournaise, c’était bien pensé.

François Martel-Asselin

L’observatoire dans l’attente


Hier encore, aucune observation n’a été possible dans le cratère Dolomieu, le massif du volcan restant balayé par le mauvais temps comme la veille. Les gendarmes, après avoir ouvert l’enclos à 6 h, on finalement fait refluer le public vers 9 h. Après l’arrêt du trémor, lundi à 13 h 10, signifiant probablement la fin de la deuxième éruption de l’année, au bout de quatorze jours d’activité, l’observatoire volcanologique a enregistré dans l’après-midi et au cours de la nuit de nombreux séismes “longue période”, traduisant des mouvements de magma sous le sommet, pas loin de 150 au total. Cependant, ils ont disparu à leur tour, hier dans la journée. De ce fait, la possibilité d’une reprise de l’activité éruptive dans les jours à venir est-elle toujours à envisager ? Une chose est sûre : le 4 octobre, la lave a jailli dans un secteur du cratère Dolomieu extrêmement fracturé, où le magma trouve très facilement sa voie. Quatre phases éruptives s’y sont déjà succédé de mai à juillet 2003. Un tel phénomène est donc sans doute appelé à se reproduire. Mais nul ne peut prédire quand. Et puis, la lave peut aussi sortir ailleurs que dans la zone sommitale, même si aucun indice n’évoque pour l’instant cette éventualité.