Le Piton de la Fournaise se rendort
L’enclos du volcan est resté fermé hier matin : le mauvais temps, brouillard et crachin, ne permettait pas d’assurer l’accès au sommet dans des conditions de sécurité satisfaisantes et, de toute façon, à quoi bon marcher quatre heures pour ne rien voir et revenir trempé et glacé ? A ce moment-là, l’observatoire volcanologique diffusait son communiqué quotidien, dans lequel il annonçait une “faible diminution du trémor” éruptif survenue au cours du week-end. Puis, hier en début d’après-midi, deuxième communiqué : “Le trémor associé à l’éruption en cours à l’intérieur du cratère Dolomieu s’est brutalement arrêté à 13 h 10”. “Attention, précisait un peu plus tard Philippe Kowalski, directeur technique de l’observatoire, nous n’avons pas dit que l’éruption est terminée !” D’une part, aucune observation visuelle n’a été possible hier, or on sait que la lave peut continuer à s’écouler un certain temps encore après la disparition de tout “signe clinique” d’activité. D’autre part, le piton de la Fournaise peut très bien observer une simple pause comme il l’a fait en 2003 : quatre phases éruptives s’étaient succédé à l’intérieur du cratère Dolomieu, espacées de quelques jours de repos. Seule différence : hier, le trémor a disparu en une minute. On n’a pas assisté à une longue agonie comme lors des phases successives de 2003. “Il est vrai que la baisse progressive du trémor ce week-end indiquait une diminution de pression”, reconnaît Philippe Kowalski. “Les conditions étaient propices à ce que la cheminée d’alimentation se bouche”. De fait, le conduit par lequel passait le magma s’est colmaté d’un seul coup. Un phénomène spectaculaire observé lors de plusieurs éruptions depuis le début des années 2000, certains scientifiques évoquant des blocs déstabilisés venant obstruer brutalement la cheminée. Les éruptions s’étant achevées ainsi n’ont jamais connu de phases ultérieures jusqu’à présent. Celle en cours depuis le 4 octobre dérogera-t-elle à la “règle” ? L’observatoire volcanologique, pour sa part, maintient une veille assidue 24 heures sur 24 pour détecter tout signe éventuel de reprise d’activité.
François Martel-AsselinDimanche en fin d’après-midi, l’observatoire volcanologique a été informé d’une possible coulée de lave sur le flanc nord du volcan, observée par la gendarmerie, dans le secteur piton Kapor - puy Mi-Côte. Mais, vérification instrumentale faite, il n’en était rien.