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ARTICLE DU 07/10/2005

Réouverture de l’enclos ?

Le spectacle, invisible depuis le pas de Bellecombe, peut-être enfin accessible ce week-end : le nouveau préfet annonce ne pas vouloir “interdire” mais “organiser” l’accès (photo Serge Gélabert).


Le spectacle du volcan en éruption accessible au public ce week-end ? Le préfet, dont c’est la première, tranchera ce matin au terme d’une réunion rassemblant tous les services : s’il estime que des conditions de sécurité acceptables sont rassemblées, Réunionnais et touristes pourront peut-être enfin admirer de leur propres yeux le volcan en activite.

L’éruption qui a débuté mardi semblait hier stabilisée, mais une évolution reste toujours possible. Interrogé hier après-midi, le colonel Autret, chef d’état-major pour la protection civile, préférait donc ne pas s’avancer outre-mesure sur l’éventualité d’une réouverture de l’enclos au public, fermé depuis le début de l’éruption, mardi. Le nouveau préfet de la Réunion, Laurent Cayrel, s’est montré en revanche plus prolixe hier soir, interrogé par RFO. Il a confirmé qu’au terme de la réunion des services concernés prévue ce matin, il prendrait sa décision sur la possibilité d’accéder à nouveau à l’enclos du volcan : “Je ne pense pas qu’il faille interdire l’accès, mais l’organiser”, a-t-il souligné, en réponse aux craintes exprimées tout récemment par le nouveau directeur de l’ONF qui s’inquiétait, voire menaçait, face au comportement du public sur les éruptions et après la mise en cause de l’office suite à l’accident mortel survenu en août 2003. Constatant qu’“il y a des risques”, le préfet préfère donc s’entourer de toutes les garanties possibles, mais pas tant en faisant appel aux “forces de l’ordre” qu’en gérant l’afflux et en l’encadrant. Comment ? On en connaîtra sans doute les détails dans la journée si la décision de rouvrir l’enclos est prise. L’ONF, gestionnaire du site, devrait être largement associé à ce projet. Ses agents, qui se sont pris au jeu à l’occasion des coulées du Grand-Brûlé de ces dernières années, ont prouvé qu’ils pouvaient jouer un rôle pédagogique de premier plan.

Un cône, des coulées, des projections

Côté volcan, tout va bien ; en fait, malgré le faible niveau du trémor, l’activité se poursuit dans le cratère Dolomieu, ont pu constater les scientifiques hier avec le retour du beau temps. Un petit cône d’une dizaine de mètres de hauteur, égueulé vers l’est, s’est édifié, il émet des coulées et des projections atteignant jusqu’à une trentaine de mètres maximum. On assiste parfois à d’impressionnants débordements de lave et à des effondrements massifs à l’intérieur du cône. La faiblesse de l’intensité du trémor, précise l’observatoire, traduit donc “probablement” la facilité avec laquelle s’effectue le transfert du magma entre la chambre magmatique et la surface. De fait, la lave a jailli mardi dernier dans cette zone de faible résistance précisément parce qu’elle est déjà très fracturée : un effondrement s’y était produit à la suite de l’éruption de novembre 2002, qui avait vidangé la chambre magmatique. Quatre phases éruptives s’y étaient ensuite succédé en juin, juillet et août 2003. Ce même mécanisme est donc sans doute en train de fonctionner à nouveau.

F.M. -A.