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ARTICLE DU 13/08/2005
La préfecture a déclenché hier à 18 h la phase de pré-alerte du plan de secours spécialisé éruptions en raison d’une “variation importante” du gonflement du sommet du volcan. Possible dans un délai de quelques jours à quelques semaines, l’éruption attendue du volcan serait la deuxième de l’année en six mois.

Pré-alerte volcanique

L’observatoire volcanologique avait connu une première alerte, interne, au mois de juin, avec une augmentation de la sismicité à la mi-juin, culminant à 93 séismes enregistrés le 20 juin. Mais cette poussée de fièvre a pris fin aussitôt, de même que d’autres indicateurs de déformations du sommet du volcan disparaissaient des tracés. C’est depuis le 7 juillet que le volcan a vraiment repris, du poil de la bête, l’observatoire comptabilisant jusqu’à une trentaine de séismes par jour avec un pic de 71 événements le 27 juillet. Et depuis début août, le rythme s’est élevé, avec 30 à 75 séismes quotidiens. En cohérence avec ces signes d’agitation, des capteurs chargés de mesurer l’évolution de fissures instrumentées ainsi que des mesures GPS, qui permettent de mesurer l’évolution de la largeur des cratères grâce aux satellites, montrent un gonflement du sommet du volcan : le fond du cratère Dolomieu s’est ainsi soulevé de plusieurs centimètres, et les bords extrêmes des cratères sommitaux se sont éloignés les uns des autres ! En un mot, le piton de la Fournaise est en train de se mettre en pression. Ce qui est un indice fiable d’une possible éruption dans les jours ou les semaines à venir, selon la formule consacrée, tant une réelle “prédiction” est illusoire. La dernière éruption du volcan remonte au 17 février dernier. Elle s’était achevée dix jours plus tard après que deux coulées eurent coupé la route nationale 2 avant de se jeter à la mer, une fois de plus. “Avec 18 éruptions depuis 1998, rappelle l’observatoire volcanologique, le piton de la Fournaise est probablement le volcan avec le plus grand nombre d’éruptions par an dans le monde.” Mais, “si nous savons aujourd’hui prévoir les éruptions à long terme (plusieurs semaines), il encore impossible d’en prédire le moment précis”, avouent les scientifiques de la Plaine-des-Cafres. L’accès à l’enclos du volcan est autorisé. Les randonneurs sont invités néanmoins à s’informer et à se montrer vigilants au cours de leur ascension.


3 Les phases d’alerte
La pré-alerte correspond, aux termes du plan de secours spécialisé (PSS) éruptions volcaniques publié en 1992, à “une situation d’activité géophysique anormale”. Cette situation peut se terminer par un retour à un niveau d’activité normal (pré-alerte levée), se maintenir pendant une période quelconque (de un jour à plusieurs semaines) ou déboucher sur une crise éruptive (on passe en alerte).

François Martel-Asselin