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ARTICLE DU 05/08/04
Les séismes s’intensifient, les appareils de mesure de l’observatoire enregistrent une activité renaissante : la Fournaise se réveillerait-elle à nouveau ? Dans le doute, la pré-alerte volcanique est déclenchée.



Préalerte au volcan


La Fournaise vibre depuis quelques jours. Les sismomètres ont mesuré depuis les quatre derniers jours un nombre important de séismes, constat qui va croissant. Alors que la fréquence des tremblements de terre tournait autour de 15 à 20 séismes quotidiens ces derniers jours, il s’est accru avant-hier pour atteindre une quarantaine d’ événements.

Gonflement du sommet de quelques centimètres

“Chaque séisme dure une à deux secondes. Mais le plus gros épisode enregistré avant-hier a duré sept secondes. Ce qui correspond à 0,7 sur l’échelle de Richter. Hier, le plus important séisme atteignait 1,3 sur la même échelle graduée jusqu’à 8” indiquait-on à l’observatoire volcanologique de la Plaine des Cafres. Il faut toutefois préciser qu’aucun de ces séismes n’est perceptible par l ’homme. Les tremblements de terre ont été enregistrés sur la partie sommitale du volcan, autrement dit à proximité du principal cratère, le cratère Dolomieu. Les relevés GPS (positionnement par satellite) et les extensomètres (mesure des mouvements des failles) ont montré que la Fournaise se déforme sur le flanc nord. “Depuis la fin de la dernière éruption, au mois de juin, nous avons mesuré une déformation du flanc nord de l’ordre de 5 à 9 centimètres et du mouvement dans les failles” ajoute Thomas Staudacher, le directeur de l’observatoire. Si le magma bouge en sous-sol, il semblerait que ce soit essentiellement le flanc nord, du coté de la Soufrière, qui soit affecté. Le gonflement d’un flanc montagneux ainsi que les tremblements de terre sont les signes classiques avant-coureurs d’une éruption. Mais ils peuvent aussi ne déboucher sur aucune sortie de lave et n’être suivis d’aucun effet visible.
En conséquence de cette activité sismique, la Préfecture a décrété hier à 11 h 30 l’état de pré-alerte volcanique. “L’accès à l’enclos du Piton de la Fournaise demeure accessible au public. Considérant que le risque d’une éruption dans les jours à venir ne doit pas être exclu, les randonneurs sont invités à la plus grande prudence et en particulier à se tenir régulièrement informés de l’évolution de la situation” ajoute la préfecture dans un communiqué envoyé hier matin.

Fabien Laroche


Les phases d’alerte
- La préalerte correspond, aux termes du plan de secours spécialisé (PSS) éruptions volcaniques publié en 1992, à “une situation d’activité géophysique anormale”. Cette situation peut se terminer par un retour à un niveau d’activité normal (préalerte levée), se maintenir pendant une période quelconque (de un jour à plusieurs semaines) ou déboucher sur une crise éruptive (on passe en alerte).
- Alerte n° 1 : éruption imminente. “L’observatoire détecte les signes d’une crise intrusive qui selon toute probabilité se traduira par une sortie de lave”. L’accès à l’enclos devient interdit. En l’absence de sortie de la lave, il est possible de revenir en préalerte.
- Alerte n° 2 : éruption dans l’enclos.
- Alerte n° 3 : éruption hors enclos. “Cette étape traduit la détection d’activité vers les zones basses”. Les communes de la côte sont averties du risque de coulées. Dernières en date : août 1998, mars 1986, avril 1977.