Retour...
ARTICLE DU 16/05/2004
Après un premier raid en direction de la route nationale 2 au cours de la nuit de vendredi à samedi, les coulées du piton de la Fournaise se sont soudainement immobilisées hier avant l’aube à 460 mètres d’altitude, soit à un peu moins de 2 kilomètres du bitume.

Regain d’activité du volcan en haut de l’enclos

Les coulées s’arrêtent net à 1,8 km de la route



La déception se lisait hier soir sur les visages des spectateurs venus en masse au pied du piton de la Fournaise. Ceux qui avaient cru à un prochain passage de la lave sur la route, ont fait face à des Grandes pentes plongées dans l’obscurité. Pourtant, on savait depuis hier matin que les coulées avaient cessé de progresser. Alors que vendredi une reconnaissance aérienne les avait situées à 1150 m d’altitude, soit à 4 km de la route, elles s’en trouvaient éloignées hier matin de 1,8 km seulement, à 460 m d’altitude selon un observateur parvenu à remonter jusqu’au front de coulée.
Les images diffusées hier midi avaient en effet de quoi allécher : filmées la veille au soir, elles montraient les coulées dévalant vers le Grand-Brûlé. Las ! Au cours de la nuit, le cône en éruption en haut de l’enclos - qui était en train de se colmater - s’est brusquement éventré, crachant à nouveau des flots de lave. Du coup, les tunnels de lave qui s’étaient formés, et qui s’ouvraient en haut des Grandes pentes, ont sans doute cessé d’être alimentés. Ce qui explique “l’extinction” des coulées visibles depuis la route. En revanche, des torrents de feu se sont mis à nouveau à se répandre dans l’enclos, à proximité du cône en éruption. L’observatoire volcanologique a d’ailleurs enregistré un regain du trémor éruptif d’abord dans la nuit de vendredi à samedi puis samedi matin à 7 h, qui semble bien correspondre au regain d’activité visible au niveau du cône.
A la route ou pas ?
Il est était bien difficile de spéculer hier soir sur une éventuelle coupure de la route nationale 2. Au cours de ces dernières années, même si la route a été traversée à plusieurs reprises, déjouant les prévisions statistiques, il faut noter que plus d’une fois les coulées sont arrivées à des altitudes très basses et s’en sont tenues là. Néanmoins, on ne peut exclure que les coulées actuelles, si elles restent alimentées, marchent sur les traces de celles d’hier : encore chaudes, ces dernières ont nivelé le terrain chaotique et végétalisé de l’enclos. La progression des coulées à venir s’en trouverait forcément facilitée. Ceux qui ont vécu la formidable éruption de mars 1998 se souviennent sans doute que la lave n’est arrivée à la route nationale 2 qu’au mois de juillet, au prix de bonds successifs !

François Martel-Asselin ( volcan@jir. fr )