ARTICLE DU 13/05/2004
Depuis dix jours maintenant, l’accès à l’enclos du volcan est interdit au public. Si le très mauvais temps qui a régné au cours de la première semaine de l’éruption a permis de faire passer la pilule, il n’en n’est plus de même depuis dimanche. La préfecture pourrait prendre une décision de réouverture au moins partielle d’ici à ce week-end.
La réouverture de l’enclos ? Tiens, c’est une idée !

Le préfet, confronté à des mouvements sociaux virulents, a bien évidemment d’autres chats à fouetter ces jours-ci. Du côté de la Protection civile, rapporte Philippe Duval, chef du service, il faut notamment organiser la gestion des stocks de carburants réservés aux véhicules prioritaires. Et au milieu de tout ça, le volcan ne constitue pas une priorité ! Fermé au public depuis le 2 mai, jour du début de l’éruption en cours, l’enclos du piton de la Fournaise ne serait donc pas près de rouvrir ? Quoi que… A bien y réfléchir… L’idée n’est pas forcément saugrenue, admet-on.Ne serait-ce que rendre l’accès au classique circuit du tour des cratères plébiscité par les touristes privés de volcan depuis bientôt deux semaines ? Cette solution paraît envisageable. Quant à baliser un sentier vers l’éruption, l’évocation de cette éventualité ne suscite en revanche aucun enthousiasme du côté de la préfecture. D’ailleurs, ni l’ONF ni la gendarmerie ne semblent s’être penchés sur la question. Certes, la difficulté d’accès à l’éruption (de 5 à 6 heures de marche aller-retour) exclut que des promeneurs du dimanche envisagent de s’y rendre. La fin du parcours, totalement hors piste et dans les gratons pendant près d’un kilomètre et demi, réserve à des marcheurs confirmés cet itinéraire qui emprunte au début le balisage dit « de secours « (il fait le tour du cône terminal du volcan). La météo, souvent changeante dans ce secteur de l’enclos, peut en outre paniquer un randonneur peu averti, les nuages enveloppant parfois en quelques minutes le paysage d’un linceul blanc dans lequel les pointillés blancs du balisage se confondent avec les taches claires des plaques de lichen. Frissons garantis… Et là-bas, si l’on veut appeler au secours, inutile de compter sur son téléphone portable : nos opérateurs téléphoniques se limitent à une couverture très chiche de la zone du volcan où passer des appels relève à certains moment de l’exploit.
D’ici à ce week-end, néanmoins, une solution pourrait être trouvée, indique Philippe Duval, pour lever au moins partiellement l’interdiction pure et simple d’accès à l’enclos, en permettant l’ascension du sommet. Et de rappeler à tous que depuis la région du piton de Bert, en bordure du rempart qui surplombe l’enclos, le spectacle est beaucoup mieux visible. En trois heures de marche aller-retour maximum, il est accessible au plus grand nombre ! Évidemment, les inconditionnels du volcan risquent de ne pas l’entendre de cette oreille : ils veulent aller voir de plus près. Ce serait pourtant à leurs risques et périls. Mais quand on a déjà goûté et qu’on aime ça…
François Martel-Asselin volcan@jir.fr