Retour...
ARTICLE DU 05/05/2004
La mauvaise visibilité qui règne sur le massif du volcan avait jusqu’alors empêché toute observation complète et l’activité du piton de la Fournaise semblait au ralenti. Or, il n’en est rien : c’est ce qu’ont pu constater quelques visiteurs chanceux postés en surplomb de l’enclos et une équipe de scientifiques partis à pied à la recherche de l’éruption.

Une équipe de l’observatoire dans l’enclos du piton de la Fournaise

L'éruption du volcan se dévoile


La météo détestable nous a joué des tours : on s’était pris à penser injustement que le volcan se rendormait déjà alors qu’il coulait… Jusqu’à cette tardive accalmie, lundi soir, qui a permis de lever enfin le voile sur les projections et coulées clous du spectacle.
Depuis hier, on en sait un peu plus grâce à la reconnaissance menée dans la journée par une équipe de l’observatoire volcanologique. Partis à pied, le temps ne permettant toujours aucun survol, les scientifiques sont d’abord montés au cratère Bory. Parvenus au sommet du volcan, ils ont confirmé que le plus haut des cratères du volcan (2 632 m) n’a été le théâtre d’aucun épisode éruptif, contrairement aux estimations initiales de dimanche soir lorsque a débuté l’éruption, peu après 19 h 30.
Ils ont ensuite descendu les pentes du cône terminal du piton de la Fournaise vers le sud-sud-ouest, complètement hors piste, dans la direction présumée de l’éruption.
La seule fissure éruptive jusqu’alors décrite, entre environ 2500 m d’altitude et le plancher de l’enclos (environ 2 200 m), était bien “éteinte” comme observé la veille (notre édition d’hier). Les projections qui en sont issues ont largement recouvert la fissure de l’éruption de septembre 2003. Cette dernière avait en effet déchiré de haut en bas le flanc du volcan à peu près au même endroit. Et une coulée importante mais complètement figée semble avoir recouvert l’enclos jusque vers le cratère Château-Fort.
Si cette fissure n’émettait plus de lave, à quoi correspondait donc le trémor toujours enregistré par le réseau de surveillance du volcan ? Thomas Staudacher, à la tête de l’équipe de l’observatoire volcanologique, a trouvé hier matin la réponse à la faveur de trouées dans la grisaille qui règne sur l’enclos depuis samedi.

Une deuxième fissure éruptive

Cette amélioration n’a pas duré plus de quelques dizaines de minutes mais elle a permis de constater l’existence d’une deuxième fissure éruptive, à une altitude beaucoup plus basse. Celle-ci s’est ouverte dans la nuit de dimanche à lundi, si l’on en croit des signaux enregistrés principalement par la station sismique du Nez coupé du Tremblet, au sud de l’enclos. Trois bouches éruptives étaient encore actives hier sur cette deuxième fissure, localisées approximativement à mi-chemin entre le cratère Château-Fort et le piton de Bert. Mais les scientifiques n’ont pas pu se rendre sur place, en raison du temps incertain, de l’éloignement du site et de l’heure avancée. Ils ont seulement pu observer la présence d’un cône en cours d’édification et celle de deux coulées.
Le trémor de l’éruption restait stable hier. Et c’est donc toujours la météo qcui détient pour l’instant les clefs des mystères de la Fournaise.
---------------------
Adresse e-mail François Martel-Asselin
volcan@jir.fr

François Martel-Asselin