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ARTICLE DU 03/05/2004
Après un mois d’alerte, le piton de la Fournaise est entré en activité hier, peu après 19 h 30. La lave semble avoir jailli dans le cratère Bory et peut-être sur le flanc sud-ouest du volcan.

Le piton de la Fournaise s'est réveillé à 19h36, après un mois de préalerte

Nuit rouge sur le volcan


Le spectacle, en raison du mauvais temps, était tout juste visible depuis le pas de Bellecombe même si de nombreux Réunionnais ont vu un peu plus tôt les lueurs du volcan depuis tout le Sud et l’Est de l’île.

L’éruption qui a débuté hier soir à 19 h 36 ne constitue pas une surprise. Depuis un mois tout juste, le 1er avril, la préfecture avait activé la préalerte sur l’avis de l’observatoire volcanologique. Et, hier soir, des milliers d’automobilistes ont assisté en direct au réveil du piton de la Fournaise, qui a illuminé le ciel de l’île depuis Piton Saint-Leu selon certains. Vue depuis Saint-André ou la quatre-voies du Tampon, la nuit était rouge. Pas pour très longtemps hélas, car le mauvais temps qui a sévi sur le volcan hier toute la journée (près de 70 mm de pluie en 24 heures sur le pas de Bellecombe !) restait plus que maussade dans la soirée.

L’activité faiblit

Plusieurs dizaines de voitures se sont néanmoins présentées hier soir au pas de Bellecombe, d’où l’on apercevait des lueurs intermittentes entre deux vagues de nuages et de farine. Au nombre de ces premiers témoins, Pascal Hebras, de l’Association européenne des premiers secours, qui déclarait vouloir “sécuriser” le site, afin d’éviter tout accident.
Pourtant, au vu de la météo, qui se serait risqué à se mettre en route ? Une équipe de l’observatoire n’a d’ailleurs pas dépassé le pas de Bellecombe et avait regagné sa base de Bourg-Murat dès 23 heures alors que dans le même temps arrivaient sur place les premiers gendarmes.
Ce mauvais temps n’a pas permis de localiser avec précision l’éruption. Elle pourrait avoir débuté à l’intérieur même du cratère Bory, comme celle du mois d’août 2003. Et vraisemblablement, comme au mois d’août, une fissure s’est ouverte sur les pentes du cône terminal, sur le flanc sud-ouest, comme lors de l’éruption du 30 septembre 2003. Celle-ci n’avait duré qu’une douzaine d’heures.
Le trémor de l’éruption, qui témoigne de son intensité, avait notablement baissé hier soir et l’observatoire volcanologique s’interrogeait sur sa longévité. Les scientifiques devraient, si la météo le permet, survoler le volcan ce matin avec la gendarmerie pour en avoir le cœur net.
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Adresse e-mail : François Martel-Asselin
volcan@jir.fr
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• Depuis “l’éruption du siècle” de 1998, qui avait duré près de six mois après six ans de sommeil, le piton de la Fournaise entre en éruption entre deux et quatre fois par an. Il se charge ainsi d’entretenir sa réputation de volcan parmi les plus actifs de la planète.




REPÈRES

• UN MOIS DE PRÉALERTE
- Début mars, après la dernière éruption du 9 janvier 2004, l’observatoire volcanologique enregistre une augmentation de l’activité sismique qui sort du “bruit de fond” habituel lorsque le volcan est en période de repos. Le piton de la Fournaise recommence à gonfler lentement et se met en pression.
- 31 mars : quelques minutes avant minuit, une crise sismique de faible intensité sous le sommet. Vingt-cinq séismes en neuf minutes. Activation de la préalerte le lendemain 1er avril.
- 20 avril : deuxième crise sismique. Une soixantaine de séismes en vingt et une minutes.
- 2 mai : troisième crise sismique, d’une trentaine de minutes. Éruption dans la zone sommitale. Depuis ces dernières semaines, l’observatoire enregistrait jusqu’à vingt-cinq séismes par jour en moyenne et rien dans la journée d’hier ne laissait présager la survenue de l’éruption.