ARTICLE DU 02/04/04
En raison d’une brève crise sismique enregistrée au cours de la nuit de mercredi à jeudi, la préfecture, sur recommandation de l’observatoire volcanologique, a déclenché hier après-midi la préalerte prévue par le plan de secours spécialisé volcan. Une éruption dans les jours à venir n’est pas à exclure.
Éruption en vue au piton de la Fournaise

Le communiqué est tombé hier 1er avril et ce n’est pas un poisson : comme les lecteurs du Journal de l’île le savent déjà depuis quelques semaines, le piton de la Fournaise, après sa première éruption et très courte éruption de l’année (36 heures à peine), le 9 janvier, n’est pas resté longtemps endormi.
• Dès le début du mois de mars, le volcan a recommencé à gonfler et à craquer de toutes parts. Ces derniers jours, l’observatoire enregistrait une moyenne de vingt séismes quotidiens, en augmentation régulière.
• mercredi soir, à 23 h 15, a débuté une crise sismique sommitale. Vingt-cinq séismes ont été enregistrés à 1 kilomètre au-dessus du niveau de la mer, à l’aplomb du cratère Dolomieu, dont la magnitude maximale n’a pas dépassé 1,5. La crise a cessé au bout de neuf minutes, à 23 h 24. Une activité sismique “normale” a repris ensuite.
• Aucune déformation associée à la crise n’a été observée. Ce qui semble indiquer que la Fournaise n’était pas encore tout à fait “mûre” pour une éruption dont les scientifiques indiquaient récemment qu’elle était possible “dans les semaines à venir”.
• L’augmentation de l’activité sismique voire la survenue de nouvelles crises de ce type est possible au cours des jours à venir, selon la préfecture qui a pour cette raison déclenché la préalerte.
• L’accès à l’enclos reste autorisé, mais les randonneurs qui effectuent l’ascension du sommet du volcan sont invités à la vigilance et à s’informer de l’évolution de la situation. Ils doivent notamment lire les avertissements pancartés au pas de Bellecombe.
• Les phases d’alerte
- La préalerte correspond, aux termes du plan de secours spécialisé (PSS) éruptions volcaniques publié en 1992, à “une situation d’activité géophysique anormale”. Cette situation peut se terminer par un retour à un niveau d’activité normal (préalerte levée), se maintenir pendant une période quelconque (de un jour à plusieurs semaines) ou déboucher sur une crise éruptive (on passe en alerte).
- Alerte n° 1 : éruption imminente. “L’observatoire détecte les signes d’une crise intrusive qui selon toute probabilité se traduira par une sortie de lave”. L’accès à l’enclos devient interdit. En l’absence de sortie de la lave, il est possible de revenir en préalerte.
- Alerte n° 2 : éruption dans l’enclos.
- Alerte n° 3 : éruption hors enclos. “Cette étape traduit la détection d’activité vers les zones basses”. Les communes de la côte sont averties du risque de coulées. Dernières en date : août 1998, mars 1986, avril 1977.