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ARTICLE DU 10/01/04



Le risque d’une poursuite de l’éruption hors enclos n’est pas écarté

La crise sismique qui a débuté mercredi à 9 h 30 n’a finalement abouti qu’au bout d’une quarantaine d’heures, vendredi matin vers 2 h 45. Du jamais vu depuis la création de l’observatoire, en 1979, habituellement confronté à des crises prééruptives de six ou sept heures tout au plus, si l’on excepte l’éruption du piton Kapor en 1998. Quelques heures avant l’apparition du trémor, le réseau sismique a enregistré un événement de magnitude proche de 2,7. Étonnement donc des scientifiques devant cette éruption d’une ampleur somme toute relative et peu en accord avec les quantités d’énergie cumulées durant la crise. D’où leurs interrogations sur la suite des événements, d’autant qu’ils enregistraient hier des séismes, fait inhabituel après le début d’une éruption.
Cette activité signifie-t-elle que l’ouverture de la fissure d’hier matin continue de progresser en direction du rempart de Bois-Blanc, qu’elle pourrait “franchir” ? Si rien ne permet de l’affirmer, cette hypothèse est prise en compte par les autorités. La reconnaissance aérienne d’hier matin visait d’ailleurs à vérifier les signes éventuels d’une telle progression, comme l’apparition de fumerolles dans le rempart tout proche de l’éruption. Mais rien de suspect n’a été relevé et, hier dans la soirée, la sismicité semblait avoir disparu. Coup d’arrêt ou simple pause ? Il était trop tôt pour se prononcer.
Le souvenir de l’éruption du 5 janvier 2002 au pied du Nez coupé de Sainte-Rose, à 1 900 m d’altitude, invite à la méfiance : alors qu’elle semblait s’achever, une deuxième phase avait débuté le 12 janvier, à 1 050 m d’altitude, dans la plaine des Osmondes, la lave jaillissant d’une fissure béante ouverte dans le rempart de Bois-Blanc. Une “éruption hors enclos dans l’enclos”, comme l’avaient qualifiée les volcanologues : à quelques dizaines de mètres près, la fissure se serait ouverte dans les hauts du village de Bois-Blanc. La coulée avait néanmoins terminé sa course dans l’océan…
D’où la vigilance particulière de l’observatoire volcanologique.

François Martel-Asselin ( volcan@jir.fr )