ARTICLE DU 09/01/04
Hier soir, l’observatoire volcanologique n’avait constaté aucune évolution notable de la crise qui a débuté mercredi matin au piton de la Fournaise. Les séismes –au nombre de plusieurs centaines pour la journée- ont continué à se succéder. La probabilité d’une éruption reste entière.
Piton de la Fournaise : L’attente se poursuit

L’alarme a continué de retentir tout au long de la journée d’hier à l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise. Mais, miracle des bidouillages électroniques, la stridulation lancinante qui rythmait depuis plus de vingt ans les reportages télévisés a laissé la place à un signal sonore beaucoup moins stressant, style avis aux voyageurs dans les aérogares. Rien n’a changé pour autant aux yeux de l’équipe scientifique présente au chevet du volcan : elle a repris ses gardes vingt-quatre heures sur vingt-quatre à Bourg-Murat, indifférente aux réjouissances et au brouhaha de Miel Vert, à quelques pas de là.
Une suite de la crise du 6 novembre ?
La situation reste problématique aux yeux des volcanologues, confrontés depuis mercredi matin à une situation sans précédent : depuis les débuts de la surveillance instrumentale du volcan de la Réunion, fin 1979, ils n’ont jamais eu affaire à une crise prééruptive dépassant une douzaine d’heures.
Comme le relève Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire, le piton de la Fournaise n’a jamais cessé de gonfler depuis le début de l’année 2003, et cela en dépit de quatre éruptions l’année dernière. Signe que le massif du volcan reste sous pression.
L’analyse de la crise sismique de mercredi, qui a débuté à l’aplomb du sommet, a mis en évidence une progression souterraine du magma en direction du nord-est. Cette intrusion, qui ne semble pas avoir beaucoup évolué hier, est-elle en liaison avec la crise du 6 novembre dernier, dans le même secteur de l’enclos ? Les scientifiques l’envisagent. Même si cette crise n’avait pas abouti, un retour au calme intervenant au bout de quelques heures, et malgré l’éruption du 7 décembre dans le cratère Dolomieu entre-temps, le magma qui s’était mis en place début novembre est peut-être en train d’être à nouveau mobilisé.
Hier dans la soirée, une sismicité plus régulière semblait s’être installée, comparée aux vagues successives enregistrées dans la journée. Des événements d’une magnitude au moins égale à 2 –considérée comme assez sérieuse au piton de la Fournaise– ont été détectés par l’observatoire jusque sur sa station de Cilaos. Mais, réduits au silence par les orages récents, certains points du réseau de surveillance du volcan, comme celui du Nez coupé du Tremblet, ne sont pas en mesure de fournir les données propres à une localisation précise du foyer des séismes. L’attente se poursuit donc.
FMA
L’accès à l’enclos du volcan est toujours interdit.