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ARTICLE DU 13/09/04
Cette troisième éruption de l’année 2004, après celles des 9 janvier (une trentaine d’heures, dans les Grandes pentes au-dessus de la plaine des Osmondes) et 2 mai (dix-sept jours, dans le sud-ouest de l’enclos, visible du piton de Bert), est entrée ce week-end dans sa troisième phase en même temps qu’un deuxième mois d’activité quasiment ininterrompue commence.



Un mois d’émotion…

- 4 août : en raison de l’augmentation sensible de l’activité sismique, la préalerte est déclenchée par la préfecture.
- 12 août : passage en alerte 1 d’éruption imminente à 18 h. L’accès à l’enclos est interdit au public.
- Vendredi 13 août : début de l’éruption à 2 h 40 du matin. Passage en alerte 2 (éruption). Fissures actives dans le cratère Dolomieu (jusqu’en fin de journée environ) et sur le flanc est, du sommet du Dolomieu (2 500 m) jusqu’au niveau du sentier de secours environ (1 900 m). Une coulée descend sur 2 km de distance jusque vers 1 500 m d’altitude.
- 14 août : l’activité est stabilisée au niveau d’un cône en formation à 2 200 m
d’altitude.
- 18 août : le trémor éruptif augmente au fil des jours. Les coulées parviennent à moins de 400 m d’altitude (à 2 km de la route), au pied des Grandes pentes, s’apprêtant à rejoindre la coulée de juillet 2001 (piton Madoré) qui avait déjà coupé la route nationale 2.
- 20 août : les coulées atteignent 250 m d’altitude (à 1 km de la RN 2). Le trémor augmente toujours.
- 21 août : les coulées atteignent 150 m d’altitude (à moins de 500 m de la RN 2). En ce samedi, mise en place des premiers barrages filtrants pour canaliser le public qui commence à affluer depuis la veille et remonte vers le front de coulée.
- Dimanche 22 août : la DDE ferme la RN 2 à la circulation à 8 h 30. La coulée traverse la route à 15 h 15, un peu au nord de la coulée du 7 juillet 2001. Les relations nord-sud par la côte est doivent désormais se faire en empruntant la route des Plaines.
- 23 août : un deuxième bras de coulée coupe la route au sud de la coulée du 7 juillet 2001, à 300 m de la coulée de la veille. Au cours des jours suivants, l’élargissement des deux bras entraînera la coupure de la route sur une longueur totale d’environ 600 m, un tronçon central étant préservé sur environ 90 m. L’afflux de spectateurs provoque une pollution massive du site, envahi de déchets que doit traiter l’ONF qui se consacre par ailleurs à aménager des sentiers d’accès pour permettre au public d’assister à l’arrivée des coulées à la mer, distante de 1 km de la route.
- 25 août : la coulée nord se jette dans l’océan à 3 h 45 du matin, après avoir cheminé lentement dans la forêt au cours des jours précédents. Toute activité nautique est interdite dans un rayon d’un mille (1,852 km).
- Vendredi 27 août : affluence et embouteillages records entre Piton Sainte-Rose et la coulée. Dans la soirée, il faut plusieurs heures pour atteindre le site ou le quitter. À Sainte-Rose, des milliers de personnes de succèdent sur la falaise qui domine la nouvelle plate-forme littorale en cours de formation (entre 10 000 et 15 000 visiteurs selon la gendarmerie).
- Dimanche 29 août : le deuxième bras de la coulée, côté Saint-Philippe, atteint la mer à son tour à 21 h 45.
- Lundi 30 août : en soirée, côté Sainte-Rose, en lisière de la plate-forme au bord de l’océan, explosions violentes, projections et formation d’un hornito de huit mètres de hauteur. Phénomène brutal provoqué par l’arrivée directe en mer des tunnels de lave qui alimentent l’éruption, fréquent à Hawaii, mais observé pour la première fois à la Réunion. En raison des risques de déstabilisation de la plate-forme, l’accès au littoral est interdit. Le cône cesse d’être actif le mardi en fin d’après-midi.
- 1er septembre : dans la soirée, formation de deux autres hornitos, accompagnée de phénomènes tout aussi explosifs.
- Jeudi 2 septembre : peu après minuit mercredi soir, un nouveau bras de coulée parvient à l’océan côté Saint-Philippe, au sud du précédent. Entre 12 h 30 et 15 h, une pluie de cendres (volcaniques ? cela reste à déterminer) et, dans une moindre mesure, de cheveux de Pélé tombe jusque sur la RN 2 où elle macule les carrosseries de voitures, côté Saint-Philippe. À 19 h 10, l’éruption s’achève brutalement, en cinq minutes. Une déstabilisation de la cheminée d’alimentation de l’éruption est peut-être à l’origine de son obstruction soudaine.
- Samedi-dimanche 4 et 5 septembre : le trémor éruptif réapparaît progressivement, sans sismicité associée. Dimanche soir, des lueurs sont aperçues dans les hauteurs du volcan depuis la RN 2.
- Lundi 6 septembre : forte augmentation du trémor à 7 h. Les coulées descendent à nouveau, sortant directement d’une fissure (liée à l’activité du 13 août) à 1 950 m d’altitude.
- Mercredi 8 septembre : réouverture de l’enclos au public.
- Jeudi 9 septembre : alors que les coulées sont parvenues à moins de 450 m d’altitude, au pied des Grandes pentes (à 2 km de la RN 2), l’éruption s’achève d’un seul coup encore, à 4 h 15 du matin. Un cheminement balisé sur la coulée est ouvert aux piétons pour permettre de passer entre Saint-Philippe et Sainte-Rose.
- Vendredi 10 septembre : l’éruption est déclarée terminée par la préfecture. L’alerte 2 (éruption en cours) est levée à 15 h.