ARTICLE DU 13/09/04
Quelques heures après la levée de l’alerte éruptive par la préfecture, l’observatoire a enregistré une reprise du trémor au cours de la nuit de vendredi à samedi. Et dès hier matin à 2 h 15, un couple d’habitants du Tremblet a pu voir les premières coulées avant que le mauvais temps ne prenne possession du volcan.
Nouvelle reprise d’activité du piton de la Fournaise

La deuxième phase de l’éruption du 13 août avait pris fin jeudi matin. Et la préfecture, en l’absence de tout signe de reprise d’activité, avait levé l’alerte n° 2 vendredi après-midi lorsque “le trémor a repris dans la nuit de vendredi à samedi, localisé sous le flanc est”. “Il est monté progressivement au cours de la journée de samedi puis s’est stabilisé”, indique Philippe Kowalski, directeur technique de l’observatoire, de permanence hier après-midi au chevet du piton de la Fournaise. “Il reste néanmoins très faible, précisait-il à 17 h, à un niveau dix fois inférieur à celui de la semaine dernière lorsque l’éruption a repris.”
C’est donc une troisième phase d’activité qui a débuté ce week-end. Le volcan a ressuscité pour la deuxième fois en huit jours, après s’être rendormi brutalement jeudi matin. Curieusement, même s’il ne s’agit que d’une simple coïncidence sans doute, arrêt de l’éruption et reprise de l’activité ont eu lieu de la même manière, à une semaine d’intervalle exactement !
Le témoignage de deux habitants du Tremblet, qui rapportent avoir observé des coulées tôt hier matin (lire par ailleurs) est d’autant plus significatif que la préfecture n’avait publié aucun communiqué samedi après avoir été alertée par l’observatoire et qu’ils ignoraient donc ce nouvel épisode des aventures de la Fournaise. Reste que tout au long de la journée, les hauteurs du volcan sont demeurées masquées par les intempéries et la couverture nuageuse. C’est seulement hier soir, à 18 h 45, que les lueurs des coulées ont commencé a être visibles sur le replat au-dessus des Grandes pentes.
François Martel-Asselin
• “Ça coulait comme la semaine dernière”
Un couple d’habitants du Tremblet, M. et Mme Lavernay, a assisté en direct au réveil du volcan, dans la deuxième partie de la nuit de samedi à dimanche : “Il était 2 h 15 lorsque je me suis levée. Comme en ce moment, on guette tout
le temps, raconte Mme Lavernay, j’ai jeté un coup d’œil par un vasistas et là, ça éclairait toute la descente comme la semaine dernière. Nous nous sommes dit : c’est peut-être un tunnel de lave qui se vide et ça ressort en bas.” Selon ces Saint-Philippois, la lueur du volcan est restée visible jusqu’au lever du jour puis, avec la détérioration de la météo, le plafond nuageux baissant, ils n’ont plus rien vu. La veille (samedi), remarquent-ils, ils avaient déjà observé des fumées vers 16 h : “Pas des vapeurs comme après la pluie, soulignent-ils, mais plutôt une fumée bleutée”, chargée en gaz donc, qui pourrait effectivement accréditer la présence de lave. Même si, selon l’observatoire volcanologique, le trémor était très faible samedi.
• Le mode d’utilisation du sentier balisé ouvert jeudi sur la coulée pour permettre une liaison pédestre entre Saint-Philippe et Sainte-Rose a été modifié dès samedi, a indiqué hier la gendarmerie : on ne peut pas l’emprunter entre 16 h et 8 h du matin. Hier après-midi, les visiteurs étaient nombreux côté Saint-Philippe, comme en témoignait une file de voitures stationnées, longue de près d’un kilomètre et demi.