ARTICLE DU 10/09/04
“La Fournaise est une jolie dame”
Etna, Mérapi, Bromo, Soufrière, Santorin… Il en connaît beaucoup, mais son préféré se nomme piton de la Fournaise, dont il suit les péripéties grâce à Clicanoo, le site internet du Journal de l’île.
Il aura suffi de quelques jours pour qu’Hendryk Obrebski, un retraité de la SNCF de 57 ans, se décide à quitter sa chère Normandie pour sauter dans un avion à Orly, direction la Réunion. Une obligation pour ce passionné de volcan (quinze éruptions à son compteur), “bercé par les films d’Haroun Tazieff”, qu’il aura eu l’honneur de rencontrer au sommet de l’Etna, en Sicile.
Le visage de ceux qui ne se sont pas accordés depuis longtemps une bonne nuit dans les bras de Morphée, Hendryk a une nouvelle fois “cassé sa tirelire” pour vivre sa passion. Avec un second voyage sur l’île intense qui a failli s’arrêter aussi vite qu’il avait commencé. La presse lui apprenant à son arrivée à Gillot que l’éruption venait de s’interrompre… Avant de reprendre de plus belle quelques jours plus tard. Une seconde chance pour notre volcanologue en herbe, qui a posé son barda du côté de Sainte-Rose pour ne pas quitter cette “jolie dame” qu’est la Fournaise.
Un volcan que notre homme, un bandeau de samouraï vissé sur la tête, connaît bien pour noter avec précision toutes ses éruptions depuis des dizaines d’années. Dans son sac, l’indispensable du baroudeur : altimètre, boussole, couteau, lampe frontale… Pour ne pas rater une miette d’un spectacle qu’il a admiré dans ses moindres détails depuis une semaine. Et pour toujours se trouver au bon endroit au bon moment. Sur cette éruption, comme sur toutes celles qui suivront…
• Le volcan s’est ranimé rien que pour eux…
Un groupe de passionnés en phase avec la Fournaise
Ils remercieront certainement toute leur vie le voyagiste Terra Incognita de ce “spécial éruption” au piton de la Fournaise. Et plus particulièrement Anne qui les a accueillis et guidés tout au long de leur incroyable périple.
“Fabuleux, inespéré …”, les qualificatifs ne manquent pas dans la bouche de ces neufs passionnés qui viennent, en une semaine, d’en prendre plein les yeux.
Alors que le volcan s’était rendormi à la veille de leur arrivée, vendredi dernier, il s’est réactivé de façon inespérée deux jours plus tard ! Et là, il s’est éteint hier matin alors qu’ils devaient s’envoler hier soir. Un signe, un coup du destin ? En tout cas, pour eux “c’est une chance incroyable”.
D’abord, d’avoir pu passer une partie de la nuit au point de vue du Nez Coupé de Sainte-Rose, lundi soir, face à un spectacle renaissant.
Puis, descendus sur le littoral au pied des Grandes pentes, ils ont pu admirer à loisir, deux soirs de suite, les coulées rougeoyantes dévalant le flanc montagneux. Pour ensuite partir à leur rencontre après une bonne marche d’approche dans les gratons.
Et puis la récompense suprême offerte par la préfecture qui a pris la décision d’ouvrir l’enclos alors que l’éruption était encore bien active.
“Cela manquait peut-être un peu de charme de pénétrer dans l’enclos la porte grande ouverte”, plaisante François. Qui avoue que pour profiter pleinement du spectacle, “il a fallu jouer parfois à cache-cache avec les autorités, au demeurant très sympathiques”.
Se dévoiler également pour avoir la chance de déflorer, en compagnie d’un agent de l’ONF, le sentier dessiné entre les deux coulées.
“Nous sommes d’ailleurs tombés sur l’impressionnante empreinte d’un arbre laissée dans l’une des coulées, pour découvrir en profondeur un flux rouge vif et d’une intense chaleur”, raconte Alain.
Des souvenirs pleins la tête, une partie de ces baroudeurs volcaniques ont repris l’avion dès hier soir pour la métropole. Les autres ont prolongé leur séjour d’une semaine.