ARTICLE DU 07/09/04
Les coulées du volcan se trouvaient hier en fin d’après-midi vers 900 mètres d’altitude, soit à un peu plus de trois kilomètres de la route nationale 2. Y parviendront-elles une deuxième fois ? La question brûlait les lèvres hier soir.
Une 2e fois à la route ?

Le piton de la Fournaise n’en a donc pas fini. Après l’arrêt brutal de l’éruption jeudi soir, il n’a même pas pris le temps de récupérer car dès les premières heures de la journée de samedi, le trémor opérait une lente remontée en puissance. Rien d’époustouflant, si ce n’est ces lueurs rouges aperçues dans le ciel dimanche soir. Et puis, hier matin vers 7 h, le trémor a brusquement augmenté pour atteindre au moins son niveau le plus élevé de la semaine dernière.
Pierrick Ferrec, pilote à Hélilagon, de passage sur le flanc est du volcan vers 7 h 20, remarque de l’activité au cône de l’éruption du 13 août, à 2 200 mètres d’altitude : un fort dégazage et un point rouge, mais pas de coulées. Il lui faut descendre d’environ 300 m pour trouver des coulées actives à un kilomètre de distance du cône. Là, il décrit deux coulées de 150 m de longueur, “fluides comme de l’eau, pas très larges” qui s’échappent de tunnels. 300 mètres plus au nord, deux autres trous laissent échapper un “filet de lave”, complète-t-il.
Selon l’observatoire volcanologique, c’est bien à une nouvelle phase éruptive qu’on assiste là et non à une nouvelle éruption. Après l’arrêt brutal de l’activité, jeudi, peut-être dû à l’obstruction du conduit d’alimentation de l’éruption, le magma s’est refait un chemin vers la surface et aurait emprunté pour sortir une fissure qui s’était déjà mise en place. Un tel scénario s’est déjà déroulé à plusieurs reprises, l’an dernier dans le cratère Dolomieu, entre les mois de mai et d’août.
Au cours des heures suivantes, le débit s’accroît. La coulée principale avale la pente pour prendre une trajectoire plus au sud que la coulée d’août mais, selon l’observatoire volcanologique, elle pourrait se raviser et rejoindre cette dernière.
Hier soir, les coulées étaient visibles depuis la route nationale 2 et le Nez coupé de Sainte-Rose pour ceux qui avaient la bonne idée de se promener du côté de la partie haute de l’enclos. Depuis ce dernier point de vue, une coulée semblait se diriger vers le piton de Crac.
Quant à la coulée qui descendait hier, elle devrait, après les Grandes pentes, ralentir dans la végétation du replat du Grand-Brûlé. Sauf si elle empruntait la trace de la coulée d’août qui, encore chaude, lui offrirait un véritable tapis rouge pour progresser vers la route nationale, en l’empêchant de se refroidir.
F.M.-A.

• Réouverture de l’enclos demain
La préfecture a annoncé la réouverture de l’accès à l’enclos par le pas de Bellecombe à compter de demain mercredi, 6 h. En raison de la nouvelle phase éruptive sur le flanc est, seul l’itinéraire balisé couvrant le “triangle” chapelle de Rosemont - Soufrière - Bory sera ouvert. L’enclos était interdit au public depuis le 12 août.
• Un passage piéton Sainte-Rose - Saint-Philippe sur la coulée
Une reconnaissance conjointe observatoire volcanologique - DDE - ONF - préfecture a eu lieu hier après-midi pour examiner la possibilité d’aménager un passage pour les piétons sur la coulée de la RN 2, coupée sur un peu moins de 600 m. Cet itinéraire balisé ouvrira jeudi matin et, dans l’attente de l’ouverture d’une piste, permettra au moins des transbordements pour ne pas pénaliser les usagers. Reste à savoir ce que vont faire les nouvelles coulées !
• Disositif de sécurité levé demain
Le dispositif de sécurité mis en place de part et d’autre des coulées sera levé ce mardi. Des panneaux d’interdiction d’accès à la plate-forme côté Sainte-Rose seront mis en place, rappelant les risques encourus. Côté Saint-Philippe, le sentier est ouvert de 8 h à 17 h. Des patrouilles mobiles de la gendarmerie nationale surveilleront néanmoins les sites.