Retour...
ARTICLE DU 05/09/04
Quarante-huit heures après la fin de l’éruption qui a tenu la Réunion en haleine trois semaines durant, la fièvre semblait être retombée hier.
Côté Sainte-Rose, l’importance du dispositif en place - renforcé vendredi par un PC mobile pompiers avec un service complet de transmission ! - avait de quoi surprendre. Il y avait simultanément plus de gendarmes, pompiers et militaires présents que de visiteurs, c’est tout dire…


L’éruption n’est déjà plus qu’un souvenir

Sainte-Rose qui pleure Saint-Philippe qui rit


L’interdiction d’accès à la plate-forme de l’éruption, suffisamment médiatisée, est sans aucun doute à l’origine de la désaffection des visiteurs. En dehors du joli point de vue depuis les rampes de Bois-Blanc, d’où l’on distingue parfaitement la plate-forme et les cônes qui s’y sont édifiés en début de semaine, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous les yeux, il est vrai.
Côté Saint-Philippe, en revanche, la fréquentation a été à la hauteur de ce qu’on peut voir de ce côté de l’île comme en témoignait une file de voitures stationnées longue d’un kilomètre hier après-midi. Le sentier aménagé par l’ONF au départ de la coulée de 2002 est ouvert au public. Prudence toutefois : la pluie l’a rendu particulièrement glissant par endroits. Vers 16 heures, les spectateurs venus admirer la nouvelle carte postale locale n’étaient guère plus qu’une cinquantaine sur la plate-forme aménagée près de l’océan. Le spectacle mérite pourtant le détour, soit deux bonnes heures de marche aller-retour. Rappelons enfin que ce sentier, qui traverse pour l’essentiel la forêt domaniale du Grand-Brûlé, est officiellement ouvert de 6 à 18 heures.







Les déçus d’un voyage spécial éruption
Quelques rares voyagistes français proposent des “spécial éruption”. Produits touristiques peu communs, qui s’adressent à des passionnés très disponibles et relativement aisés, ces voyages sont particulièrement difficiles à monter : non seulement les volcans n’attendent pas, mais il faut en quelques jours tout au plus dénicher suffisamment de clients (déjà enregistrés sur un fichier, ils sont prévenus par mail) et trouver des billets d’avion à un tarif acceptable…
Terra Incognita, lié au voyagiste Atalante, a ainsi réussi à rassembler huit fondus de volcans originaires de toute la France, prêts à tout lâcher pour faire onze heures d’avion et voir le piton de la Fournaise en éruption. Las, le volcan s’est rendormi trente-six heures avant leur arrivée, hier matin. Un peu dur à digérer quand on a payé 1 600 euros pour six jours, même s’ils ont pu observer un peu de rouge ici et là. Néanmoins, leur a assuré Anne, leur accompagnatrice locale, une vraie spécialiste des volcans, ils ne devraient pas être déçus par la suite du programme qu’elle va leur improviser pour pallier la défaillance de notre Piton. En fait, ils espèrent surtout maintenant une réouverture de l’enclos avant leur départ, jeudi !