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ARTICLE DU 04/09/04



Depuis le ciel ou la mer : volcan superstar !


ULM et bateau de pêche ont été pris d’assaut par des passionnés, professionnels ou amateurs, qui voulaient admirer le volcan et son éruption sous toutes les coutures. La fête est finie, mais elle laisse beaucoup d’envie.
Hier, beaucoup de bonheur, aujourd’hui des regrets et une montagne d’envie pour demain. Qu’ils aient crapahuté dans un sentier, le long de la coulée ou affronté les gratons, emprunté la voie des airs ou vogué, bringuebalés par les vagues, tous ceux qui se sont levés tôt ou couchés tard pour admirer les coulées, les cascades, les pitons du volcan, n’ont qu’un regret : que le rideau soit déjà tombé. Les plus chanceux ont pu admirer le spectacle inoubliable depuis un ULM ou à bord d’un cabine cruiser.
À la base de Cambaie, dans le hangar de Félix ULM, on s’est fait une spécialité des balades d’une autre dimension. “Sur les dix-sept appareils dont nous disposons, six (deux pendulaires et quatre multi-axes), sont affectés aux promenades de découverte de l’île, explique Dorothée. Nous proposons deux circuits : un long qui traverse Mafate deux fois et mène de Salazie au Piton de la Fournaise avec un retour par Cilaos et les lagons, et un court qui survole Mafate, le Maïdo et le lagon. On propose aussi des vols baptêmes sur la baie de Saint-Paul. Les prix varient de 30 à 190 euros”.
Mais la star incontestée, c’est le volcan. “La Réunion, poursuit Dorothée, c’est le volcan. Il est aussi incontournable que la tour Eiffel à Paris. Et on a la chance qu’il soit en activité. Les gens sont focalisés sur l’éruption. Elle ravive les passions. C’est comme la neige, une véritable attraction.”
Les passionnés se sont bousculés pour prendre un siège passager sur l’un des appareils. Le volcan les a comblés et leur a fixé des rendez-vous qu’ils ne sauraient plus manquer.
À bord de l’Ichtys, un superbe bateau de pêche au gros de 10 mètres, Josian Ilaha, le capitaine, ne cesse de narrer les anecdotes qu’il vit depuis huit jours : “Les gens ont bravé le mal de mer pour admirer le spectacle et faire des photos. Professionnels ou amateurs, tous avaient la même passion.” L’Ichtys est habituellement basé à Saint-Pierre, où il fait le bonheur des fans de big game fishing. Depuis l’arrivée de la coulée à la mer, Josian a positionné son Bénéteau au bout du quai du port de Sainte-Rose. “On gagnait du temps, il ne fallait qu’une heure pour se retrouver face aux coulées, aux cascades. Et le petit cratère, qui grondait et explosait face à nous, c’était grandiose. On a fait trois rotations quotidiennes : celle du lever du jour, départ à 4 h, retour vers 8 h, celle du coucher du soleil, de 16 h à 19 h30, et la nuit de 20 h à minuit. Tous nos passagers - ils étaient six à chaque fois - étaient émerveillés.”
L’Ichtys, d’un mot grec qui signifie poisson, retourne à saint-Pierre dès demain. Pour d’autres aventures exceptionnelles qui ne feront toutefois pas oublier les images et les grondements du volcan.

Christian Chardon


Saint-Philippe : l’hélico tombe à l’eau
Corail Hélicoptère, une toute nouvelle compagnie établie à Pierrefonds, avait prévu pour ce week-end des survols du Grand-Brûlé. Las, les caprices du volcan sont venus contrarier ses plans. À moins d’une reprise (peu probable !) de l’éruption, la compagnie a donc préféré annuler ses vols au départ de Saint-Philippe. “C’est dommage parce que nous venions d’obtenir toutes les autorisations, précise Fabrice Lourme, le directeur de Corail Hélicoptère. Mais si nous avions maintenu les survols des différentes coulées, nos clients auraient pu se montrer déçus du fait de l’absence de lave. Mieux valait donc tout reporter.” Reste maintenant à attendre le prochain sursaut du piton de la Fournaise pour admirer le spectacle de haut.