ARTICLE DU 03/09/04
La Fournaise ne soufre pas trop

Bien que les visiteurs soient parfois contraint de se masquer le visage pour éviter de suffoquer quand ils s’approchent des sites éruptifs, le dioxyde de soufre (SO2) craché par la Fournaise pendant les dégazages semble se disperser dans l’air de manière satisfaisante et les stations de l’Observatoire réunionnais de l’air (ORA) n’ont pas enregistré de véritable pic de pollution depuis le 13 août, date du début de l’éruption.
“En général, les dégazages les plus importants se font en début et en fin d’éruption. Nous avons effectivement noté un petit pic de pollution au dioxyde de soufre le 15 août (98 microgrammes/m3 en une heure à Sainte-Thérèse, au lieu de 0 à 20 microgrammes en temps normal), mais nous sommes très loin de la pollution engendrée par l’éruption de juin 2001”, la première à avoir été étudiée, explique Bruno Siéja, le directeur de l’ORA.
Le seuil d’alerte avait alors été dépassé et la station de La Possession avait enregistré une concentration de 399 microgrammes en une heure. Une pollution qui présente des dangers pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires, notamment les asthmatiques.
“Cette année, les conditions météorologiques sont meilleures et permettent la dispersion des masses d’air et donc du SO2”, poursuit M. Siéja. La situation pourrait toutefois évoluer au gré de la météo et des futurs dégazages.
Mais les mesures réalisées par l’ORA demeurent assez imprécises. “Nos stations sont toutes installées à 60 ou 80 kilomètres du point d’éruption. Nous ne connaissons donc pas la situation exacte à Sainte-Rose par exemple”, admet le directeur de l’observatoire.
Ce dernier souhaiterait qu’un réseau de surveillance de l’air en période d’éruption soit mis en place, avec des stations de mesure aux quatre coins du volcan. Mais la lutte contre la pollution volcanique n’étant pas obligatoire aux yeux de la loi, l’État ne fournira pas les financements nécessaires à ces infrastructures. La mise en place de ce réseau dépend donc du bon vouloir des acteurs locaux.
• Gaz à gogo
Outre de la lave, le volcan émet également de nombreux gaz, dont certains peuvent s’avérer dangereux pour la santé, notamment pour les personnes souffrant de difficulté respiratoires ou pour les asthmatiques.
- le dioxyde de soufre (SO2) est irritant pour la peau et les voies respiratoires. - lorsque le dioxyde de soufre entre en contact avec l’eau, ce qui est le cas lorsque la lave s’écoule dans l’océan, il se transforme en acide sulfurique. - on trouve également dans les panaches éruptifs du dioxyde de carbone (CO2), de l’acide chlorhydrique (HCL), irritant pour les voies respiratoires, de l’acide fluorhydrique (HF) qui peut aussi se révéler très toxique … et fatal aux objectifs d’appareil photo et de caméra dont ils rongent les couches de traitement des optiques.