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ARTICLE DU 03/09/04
En cinq minutes hier soir, le piton de la Fournaise s’est rendormi, à 19 h 15, au terme de trois semaines d’activité exactement. Au cours de la nuit précédente, deux nouveaux cônes s’étaient encore formés sur la plate-forme littorale créée par la coulée !



Eruption terminée


L’afflux redouté ce week-end dans le Grand-Brûlé se produira-t-il ? C’est encore possible tant le volcan reste un centre d’intérêt des plus populaires et même si le piton de la Fournaise semblait hier soir à nouveau plongé dans un profond sommeil. A 19 h 10, en effet, le réseau de surveillance de l’observatoire volcanologique enregistre une chute brutale du trémor, témoin indiscutable du niveau d’activité. En cinq minutes, l’électro-encéphalogramme du volcan devient presque plat, une situation qui se maintenait à 23 h. On pouvait donc considérer l’éruption comme achevée, à moins d’un de ces rebondissements dont le piton de la Fournaise détient le secret…
Les dernières vingt-quatre heures de cette troisième éruption de l’année 2004 auront été agitées. Après l’apparition d’un premier cône sur la plate-forme littorale, à partir de lundi soir, deux autres sont nés en fin de soirée mercredi. Au même moment, un troisième bras de coulée se jetait dans l’océan côté Saint-Philippe.

Des bulles de 10 m de diamètre

Guy Ancel, responsable du centre multimédia de l’université de la Réunion, se trouvait en compagnie de son équipe de tournage sur le littoral côté Sainte-Rose lorsque l’activité a repris sur la plate-forme conquise sur l’océan.
Le cône apparu au cours de la nuit de lundi à mardi en lisière de plate-forme avait cessé de fonctionné mercredi matin vers 3 h, lorsque, vers 21 h, une déflagration a secoué le littoral. “Nous avions remarqué que cela avait commencé à bouger en bord de mer quand nous avons assisté à une éruption phréatique épisode qui met en jeu une grande quantité d’eau, accompagnée d’un nuage noir dans lequel nous avons vu des éclairs d’électricité statique. Des gratons sont retombés presque jusqu’au bord de la plate-forme ; nous avons reçu des cendres, j’ai les yeux encore irrités aujourd’hui.”
Selon lui, les projections seraient montées à près de 200 mètres, mais sans doute faut-il relativiser cette estimation, d’autant plus malaisée de nuit.
“Un véritable lac de lave s’est formé”, poursuit l’universitaire. “A sa surface éclataient des bulles de dix mètres diamètre, à fleur de la plate-forme. Les explosions se sont reproduites toutes les demi-heures puis tous les quarts d’heure, avant un retour au calme puis une reprise vers minuit. A 1 heure du matin, nous avons aperçu un premier cône d’une hauteur d’environ trois mètres, situé à cinquante mètres au nord de celui de lundi soir. Puis un deuxième est apparu. Nous avons quitté les lieux vers 1 heure du matin.”
Familier des éruptions depuis de longues années, Guy Ancel avoue avoir été impressionné par cette reprise d’activité dont on peut penser qu’elle aurait suscité la panique dans un public non averti.
Moins de vingt-quatre heures plus tard, hier à 19 h 15, l’éruption s’achevait après ce dernier coup de théâtre.

François Martel-Asselin