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ARTICLE DU 02/09/04



L’hypothèse d’un hornito privilégiée


Au lendemain de l’apparition d’un cône en lisière de la plate-forme construite par les laves depuis le 25 août dernier, les volcanologues, après analyse des premières données et observations recueillies, privilégient l’hypothèse de la formation d’un hornito, et non celle de l’ouverture d’une nouvelle fissure en bord de mer.
Un hornito est un cône volcanique, généralement de faible taille, formé par l'agglutination de lambeaux de lave chauds retombés encore liquides et soudés entre eux. “Dans un premier temps, rappelle Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire, nous pensions avoir à faire à l’ouverture d’une nouvelle fissure. Mais l’absence de trémor sur la station du Grand-Brûlé nous laisse à penser qu’il s’est plutôt produit une montée de lave sous la plate-forme. Au contact de l’eau de mer, la pression exercée a entraîné une ouverture dans la plate-forme avec édification de ce hornito”.
Laurent Michon, maître de conférence au laboratoire des sciences de la Terre de l’université de la Réunion, partage cette analyse : “Si une nouvelle fissure s’était ouverte, analyse-t-il, nous aurions assisté à la construction d’un cône beaucoup plus imposant en raison de l’importance du débit. Je penche pour une interaction entre l’eau et la lave qui a produit une explosion et la construction de ce hornito. Il n’empêche, ce phénomène est inédit à la Réunion. On l’observe à Hawaii et en Islande.” Hier soir, le trémor éruptif demeurait à un niveau élevé. Le réseau de surveillance de l’observatoire volcanologique enregistre une sismicité sous la zone sommitale qualifiée de faible et de petites déformations du sommet.

Photos Stéphan Laï-Yu et Philippe Marine