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ARTICLE DU 02/09/04



Le spectacle visible uniquement côté Saint-Philippe


La préfecture a pris hier soir la décision de maintenir l’interdiction d’accès au littoral côté Sainte-Rose. “Le cône éruptif qui s’est formé hier au bord de l’océan ne produit plus actuellement de projections de lave mais celles-ci peuvent reprendre à tout moment, rappelle la préfecture. Un panache dense de vapeur se propage dans la zone de contact des coulées avec l’océan et peut occasionner une forte gêne pour les visiteurs. En raison des risques encourus, une éventuelle déstabilisation de la plate-forme formée par les coulées de lave pouvant provoquer des évaporations explosives d’eau”.
En revanche, du côté de Saint-Philippe, l’accès au sentier aménagé est désormais ouvert de jour comme de nuit, des aménagements complémentaires ayant été réalisés par l’ONF, nouveau tracé éloigné du bord de la falaise, implantation de barrières et pose de panneaux d’informations. Ce sentier au départ de la borne Hubert-Delisle est d’un accès relativement difficile, une heure de marche pour 2km. Il convient d’être correctement équipé. Une surveillance de nuit de l’accès au sentier et du point d’observation est assurée par les gendarmes participant au dispositif de sécurité. Il convient de respecter le balisage et les limites d’accès matérialisés par l’ONF et la gendarmerie ainsi que les consignes de sécurité et de prudence.
Avant d’autoriser à nouveau le public à se rendre en bord de mer, la gendarmerie et l’ONF avaient sollicité hier matin l’expertise de Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise. Ce dernier estime que si les risques sont faibles, ils existent bel et bien. “La plate-forme n’est pas stabilisée, explique Thomas Staudacher. Si elle glisse dans l’océan, le contact des roches chaudes avec l’eau froide risque de provoquer instantanément un énorme nuage de vapeur qui peut déferler sur la côte. La probabilité d’une explosion est extrêmement faible. Cependant, la plate-forme peut se fracturer dans un délai impossible à déterminer : la lave sur la banquette s’étage sur une épaisseur de 10 à 50 m. Elle va mettre très longtemps à se refroidir.” Pour le capitaine Zunino, commandant de la compagnie de gendarmerie de Saint-Benoît, la sécurité du public doit être la préoccupation première : “Je ne suis pas liberticide, indique-t-il. J’en veux pour preuve que nous avons installé le barrage côté Sainte-Rose loin à l’intérieur du Grand-Brûlé à hauteur de l’ancienne décharge. Je comprends l’impatience du public qui souhaite profiter du spectacle mais cela doit se faire dans le respect des règles de sécurité. Si nous laissons l’accès totalement libre au littoral, nous aurons un millier de personnes dans la journée et beaucoup plus la nuit. La situation sera totalement ingérable alors même que le site n’est pas totalement stabilisé. Nous sommes déjà confrontés à des gens qui pour contourner l’interdiction passent par la côte. Certains n’ont pas hésité au mépris du danger à descendre sur la plate-forme.”










Dernière heure : Du côté de Saint-Philippe, l’accès au sentier a été fermé hier soir vers 19h, la zone d’observation et l’itinéraire d’approche se trouvant sous le vent, envahis par le panache de l’éruption, très chargé en gaz toxiques et acides. Une mesure sans doute provisoire qui devrait être levée dès une amélioration des conditions météo.