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ARTICLE DU 02/09/04
Après s'être assoupi quelques heures, le cône apparu en bord de mer dans la nuit de lundi à mardi a repris son activité.



Le piton “la mer” souffle le chaud et le froid


A peine dépassé Saint-André, le ciel rougeoie dans la nuit en direction de l’Est. C’est traditionnellement le signe d’une activité volcanique dans le périmètre du Piton de la Fournaise. Cette fois, ce flamboiement témoigne de la présence de coulées dévalant les pentes dans le Grand-Brûlé. Dès que nous attaquons les rampes de Bois-Blanc, nous en avons la confirmation. De longues traînées jaune orangé zèbrent la nuit avec au dessus une petite tâche rouge qui pourrait bien être le cône en activité depuis le 13 août dernier. Au barrage établi par les gendarmes à hauteur de l’ancienne décharge, le filtrage est particulièrement poussé, preuve d’un phénomène inhabituel. De fait, depuis la veille et la naissance d’un cône en lisière de la plate-forme construite par les coulées de lave depuis le 25 août dernier, l’accès à la côte est interdit au public (voir par ailleurs).
En descendant vers le littoral, l’épais panache de fumée s’élevant au-dessus des filaos constitue le meilleur des guides. Déception en atteignant la côte. Le cône se dresse toujours au loin en ombre chinoise, un peu plus imposant que la veille, mais n’éructe plus. Sur la plate-forme se dessinent des coulées actives. En lisière de la banquette, on devine cependant une intense activité trahie par des bouillonnements de vapeur.
“Tout s’est arrêté vers 3 h du matin, raconte le cinéaste Alain Gérente arrivé depuis la veille en milieu d’après-midi Cela a été précédé par une activité intense avec de fortes projections et des explosions assourdissantes. Le spectacle était extraordinaire et puis le rideau est tombé d’un coup”.
A l’aube, le cône laisse échapper une épaisse vapeur mais plus aucune projection ne s’élève vers le ciel. L’activité semble s’être déplacée sur la gauche en regardant vers l’océan.
A la lisière de la plate-forme, on distingue presque au ras du sol de petites projections, les mêmes qui avaient précédé le début de la construction du cône sur la droite. Mais, les heures passent et rien ne se produit. De petites coulées continuent à se jeter dans l’océan provoquant à chaque fois une courte lutte entre l’eau et le feu mais rien de spectaculaire. Une exception tout de même, des trombes qui se forment à intervalles plus ou moins réguliers de part et d’autre du cône et tout à coup à l’aplomb d’un des cratères. Pour finir, un épais nuage de vapeur noie entièrement la plate-forme, masquant complètement le cône.
Alors, simple assoupissement avant un réveil brutal ou sommeil définitif ? Le volcan n’a peut-être pas dit son dernier mot d’autant que l’éruption n’est pas finie et que la lave continue à se déverser dans l’océan, côté Sainte-Rose comme côté Saint-Philippe.

• Volcan : dernière heure
Reprise d’activité du piton “bord de mer”
Hier soir, vers 22 heures 45, les spectateurs présents sur le poste d’observation de l’éruption située côté Saint-Philippe ont assisté à la reprise d’activité du cône assoupi depuis 3 heures du matin (lire pages 2 et 3). Selon un témoin, une violente explosion a marqué le réveil du cône, accompagnée de l’émission d’une fumée noirâtre, semblant indiquer un épisode phréato-magmatique, dans lequel est impliquée de l’eau. Puis, quelques instants plus tard, l’activité s’est poursuivie sur un mode moins extrême.

Alain Dupuis (photos Serge Gélabert)










Plus de 4 000 euros engloutis dans les ordures
Le cri d’alarme lancé lundi dernier dans nos colonnes par la forêt du Grand-Brûlé l’aura été en vain. Rien que du côté Sainte-Rose, depuis que les coulées ont atteint la route puis la mer, l’ONF a déjà englouti plus de 4 000 euros (27 000 F) dans le seul ramassage des ordures. Un crédit qui aurait sans doute trouvé à être plus utilement employé ailleurs. C’est compter sans l’incivisme, le laisser-aller et le mépris total du respect de l’environnement de ceux qui viennent contempler un spectacle dont ils ne sont pas dignes. Un simple coup d’œil hier matin sur le belvédère dominant la plate-forme construite depuis le 25 août dernier éclaire sur des comportements en tout point inadmissibles. Canettes de bières, bouteilles et sachets en plastique, emballages de toutes sortes jonchent le sol. Nous ne le répéterons jamais assez, une bouteille pleine ne pèse pas plus lourd vide que pleine, même constat pour les paquets de biscuits, les sachets de chips ou pour tout autre contenant. Avant que le Grand-Brûlé ne devienne une vaste poubelle à ciel ouvert, il est encore temps de réagir. Ramener ses déchets devrait être la priorité n° 1 de tout un chacun. Le piton de la Fournaise nous gâte, ne souillons pas ses pentes.