ARTICLE DU 28/08/04
Ceux qui ont l’habitude de traverser le Grand-Brûlé vont devoir s’armer de patience. Tant que le volcan continue de déverser sa lave, la construction d’une route ou même d’une piste est impossible. Après l’arrêt des coulées, il faudra encore compter environ un mois et demi avant la réouverture de la RN 2.
Déjà 450 m de chaussée sous les laves…
Un mur de lave de plus de deux mètres de haut se dresse depuis dimanche dernier sur la route nationale 2. Deux coulées, l’une de 200 mètres et l’autre autre de 250 mètres de large, distantes l’une de l’autre de 160 mètres, ont coupé Sainte-Rose de Saint-Philippe. Et cela pour un bon moment a priori, puisque les coulées se poursuivent, notamment la coulée Sud, particulièrement active. “Nous ferons au plus vite, mais tant que les coulées continuent, nous ne pouvons rien faire”, explique Jean-Jacques Guéguen, responsable du service gestion de la route à la Direction départementale de l’équipement.
“Nous avons constaté qu’il s’agissait de lave cordée, qui n’a pas la même structure que la lave des autres éruptions, où il s’agissait de lave en gratons. Les coulées progressent en sous-sol, formant des excavations, des tunnels. Avant de songer à refaire la route, nous allons devoir procéder à une analyse car nous n’avons jamais travaillé sur ce type de lave. Sur du graton, on peut envoyer des engins, mais dans cette situation, il y a des précautions à prendre car la lave cordée peut cacher un véritable gruyère en sous-sol. On ne peut pas envoyer les engins comme cela, c’est trop risqué. Il faudra une véritable expertise des sols”, poursuit-il.
D’abord une piste, puis une route
Une fois les coulées taries, la Direction départementale de l’équipement procédera donc à une analyse minutieuse des sols. Ensuite, il lui faudra “un délai de neutralisation d’une vingtaine de jours afin de laisser reroidir la lave, qui arrive ici à plus de 1 000 degrés. Plusieurs mois après, la température est encore très élevée”, précise Jean-Jacques Guéguen.
C’est ensuite seulement que le tracé puis la réalisation d’une piste provisoire pourront débuter. “C’est l’essentiel, une fois qu’une piste sera ouverte, les gens pourront à nouveau circuler et se rendre au travail. Cela devrait prendre environ une dizaine de jours pour la réaliser”, estime Jean-Jacques Guéguen. Ce sont des engins classiques de travaux publics qui réaliseront ces percées : pelles, bulls et niveleuses.
Les travaux permettant la réouverture d’une véritable route pourront alors commencer. Une quinzaine de jours environ seront nécessaires à sa réalisation. “Nous ne savons pas encore si la route sera créée au même endroit que la piste, tout cela dépendra de la situation du sous-sol”.
Vingt jours de neutralisation, dix jours pour réaliser la piste, quinze jours pour créer la route… Si les coulées de lave s’arrêtaient demain, la RN 2 ne serait donc pas réouverte avant un mois et demi, dans le meilleur des cas. Mais dans le plus grand mépris des automobilistes, la lave poursuit son chemin buissonnier.
Benjamin Wright