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ARTICLE DU 28/08/04
Le piton de la Fournaise ne désarme pas. Après la coulée qui s’est jetée dans l’océan mercredi, deux autres menacent un peu plus au sud. L’une pourrait atteindre
la mer à son tour et l’autre couper la route nationale encore une fois dans le courant de cette journée de samedi.


Deux autres coulées attendues sur la route et à la mer

Le volcan se déchaîne



Que se passe-t-il dans les entrailles du volcan ? Loin de faiblir, l’éruption entrée hier dans sa troisième semaine a pris une ampleur inattendue. L’observatoire volcanologique enregistre un trémor 2,5 fois supérieur à celui de la semaine passée, qui a légèrement fléchi hier dans la journée après avoir cru continuellement jusqu’alors.
Pourtant, après avoir coupé la route dimanche dernier puis rejoint l’océan Indien mercredi matin, le piton de la Fournaise n’en a pas fini.
- La coulée qui avait traversé la route 150 mètres au sud de la première a poursuivi son chemin et, hier soir, se trouvait à une distance de la mer estimée à 250 m environ par Guy Rivière, l’agent forestier du Tremblet. Le sentier aménagé par les équipes de l’ONF, qui devait permettre d’emmener le public sur le littoral, a d’ailleurs été touchée par la lave (lire en repères).
- Au droit de la borne Hubert-Delisle, plus au sud encore, à la limite des communes de Saint-Philippe et Sainte-Rose précisément, une nouvelle coulée menace la route, après avoir progressé lentement ces derniers jours. Un déménagement du poste médical avancé des pompiers et des forces de l’ordre a été prévu.
Ces coulées ne sont pas nouvelles à proprement parler, elles proviennent de la division de la coulée principale alimentée par le cône en activité sous le sommet du piton de la Fournaise.

François Martel-Asselin








Navigation maritime :
le périmètre d’interdiction de navigation maritime, de mouillage et de toutes activités nautiques dans la zone de contact des coulées de lave avec l’océan a été ramenée hier par la préfecture à un rayon de 300 mètres. La plus grande vigilance est recommandée.`



L’ONF devrait ouvrir un nouveau chemin aujourd’hui
Déçus les visiteurs du volcan en provenance du Sud de l’île ? Certainement. La fermeture, jeudi soir, du chemin offrant un point de vue sur les coulées de lave se jetant dans l’océan a privé les curieux d’un fabuleux spectacle. Mais la décision de l’ONF était impérative. Quelques heures après l’interdiction d’emprunter le sentier, la coulée passait dessus… Résultat, l’institution s’est lancée dans la construction d’un nouvel itinéraire au niveau de l’ancienne borne Hubert-Delisle, entre Sainte-Rose et Saint-Philippe. Celui-ci est terminé depuis hier. Long de 5 kilomètres, il permettra d’observer la roche en fusion au niveau de l’océan. Neuf hommes ont travaillé dur pour réaliser l’ouvrage. Reste maintenant à prendre la décision de l’ouvrir. Celle-ci interviendra dès que les premières gouttes de lave rencontreront l’océan et si toutes les conditions de sécurité sont réunies.


Pas de navettes, mais peut-être des taxis…
C’est du côté de Saint-Philippe qu’il faudra passer ce week-end pour observer les nouvelles coulées de lave. La mairie a décidé d’anticiper la ruée des visiteurs en tentant de mettre en place elle aussi des navettes. En vain, faute de moyens. Ce sont les taxiteurs qui pourraient assurer le transport des visiteurs depuis la fermeture de la route nationale, au niveau du poste des militaires, jusqu’à la coulée. Hugues Salvan, le maire de Saint-Philippe, a rencontré hier après-midi le sous-préfet de Saint-Pierre pour lui faire part du projet et obtenir une autorisation.