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ARTICLE DU 27/08/04
Le Grand-Brûlé, côté Sainte-Rose, a vécu une soirée de folie hier : à l’arrivée de la lave dans l’océan, mercredi, a répondu une coulée de véhicules.



Soirée de folie sur les coulées


Il ne fait pas bon aller voir le volcan couler dans le Grand-Brûlé. Outre que la route nationale 2 est coupée, aucun sentier n’a été validé par l’administration côté Saint-Philippe. Du coup, les habitants du sud de l’île, privés du spectacle, sont nombreux à se rendre à Sainte-Rose en passant par la route des Plaines… ce qui aggrave la situation déjà tendue à certaines heures de la journée.

DEUX SEMAINES D’ÉRUPTION

Hier soir à 22 h, à l’heure de rentrer sur Saint-Denis, il fallait compter une heure pour effectuer les quelques kilomètres entre le site de la coulée et le haut des rampes de Bois-Blanc ! Ce qui laisse présager le pire pour le week-end, malgré la navette mise en place (lire par ailleurs), si l’éruption continue.
Depuis deux semaines aujourd’hui, la lave du piton de la Fournaise coule sur les pentes du volcan. Le trémor enregistré par l’observatoire volcanologique ne cesse de croître. L’activité du volcan ne faiblit pas. Si plus aucune activité n’est visible au niveau du cône de l’éruption, à 2 200 mètres d’altitude, si ce n’est qu’un trou où affleure la lave, un important dégazage s’y poursuit, le vent entraînant le panache au-dessus de la partie ouest de l’enclos, au sommet du volcan.
La coulée nord circule toujours en tunnel. Les deux autres semblent “stationnaires”, selon l’ONF.
Hier après-midi, une augmentation de l’activité a déclenché un mouvement de reflux du public : en raison du rapprochement de la coulée de la piste d’accès au littoral, les gendarmes ont organisé l’évacuation, qui s’est déroulée en plusieurs épisodes. Finalement le courroux volcanique a semblé s’apaiser et on circulait à nouveau librement dans la soirée. Par ailleurs, on s’interrogeait hier sur une autre coulée observée par la gendarmerie : elle avançait en recouvrant le sol, localisée à environ 1 km de la RN 2, mais plus au sud que les précédentes, dans l’axe de l’ancienne borne Hubert-Delisle, de la coulée du 6 juillet 2001 et de celle de novembre 2002.

François Martel-Asselin (photo Serge Gélabert).




Attention aux fermetures !
“On est passé d’un sentiment de frustration à la joie d’approcher”, se réjouissait hier Ilya Risovics, responsable du poste ONF de Bois-Blanc. Avec ses collègues forestiers, il assure l’accueil du public de 8 h à 17 h. Les visites pédagogiques de découverte du milieu se poursuivent, de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h, depuis les points de rencontre proches des coulées. A noter qu’en fonction de l’évolution de l’éruption, les sentiers peuvent être amenés à être fermés temporairement.

Sainte-Rose : des navettes gratuites vers la coulée
A partir de ce soir, et si l’accès à la coulée reste possible, dix-huit allers et retours devraient être effectués, un toutes les demi-heures de 18 h à 23 h 30 par trois navettes du réseau Alizés, depuis Piton Sainte-Rose. Ces horaires de semaine s’adaptent aux déplacements des touristes pendant le week-end puisque trente-trois départs seront proposés de 8 h à 19 h 10.
Les bus, d’une capacité de 25 places, devraient désengorger l’accès vers la coulée et permettre en priorité aux familles avec des enfants en bas âge et aux personnes à mobilité réduite d’atteindre le Grand-Brûlé dans les meilleures conditions.
Les navettes partiront en face de l’église de Piton Sainte-Rose et déposeront les voyageurs au barrage de lave. Au total, près de quatre cents personnes pourront profiter de ce système de transport en laissant leur véhicule au parking sous la surveillance des gendarmes. Les navettes fonctionneront jusqu’à la fin de la coulée. Renseignements au : 02.62.92.53.40.