ARTICLE DU 24/08/04
Bon gré mal gré, la RN 2 s’est de nouveau laissé dévorer par la lave, hier matin, aux alentours de 10 h 30. A 500 mètres au sud de ses sœurs de feu qui, dès dimanche, ont attaqué le bitume, la coulée la plus proche de Saint-Philippe a elle aussi traversé la route pour mettre le cap sur la mer. Parviendra-t-elle jusqu’à l’océan ? Les paris sont ouverts…
La lave tient bien la route !

“C’est magique. Je dirais même : c’est magmatique !” Du haut de ses 71 ans, Charles est comme un enfant. Il faut dire que pour ce métropolitain, venu observer de près les caprices du volcan, le spectacle a de nouveau été au rendez-vous, hier matin, du côté du Grand-Brûlé. Aux alentours de 10 h 30, la coulée Sud s’est donc à son tour décidé à traverser la route nationale, à quelque 500 mètres en aval des premiers bras de lave qui ont fait parler d’eux dimanche. Un festin de bitume, roboratif à souhait, qui n’a pas manqué de ravir le public présent, certes moins nombreux que les jours précédents, mais tout aussi attentif aux circonvolutions de la lave.
C’est donc au kilomètre 77,500 que la RN 2 a, une fois de plus, fait les frais de l’appétit du volcan et ce, en trois points au moins sur une distance de 200 mètres. Par endroit, ce sont d’anciennes courbes de la nationale, transformées en aires de détente, qui ont pris l’allure d’un “magmaland” cerné par des portions de forêt en feu. D’aucuns pourraient d’ores et déjà parler de “catastrophe écologique”.
Mais dans le cas présent, c’est à Dame nature qu’il faudrait s’en prendre. Humilité oblige, mieux vaut donc la laisser détruire ce qu’elle avait elle-même pris le soin de créer…
