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ARTICLE DU 23/08/04



A la mer ou pas ?


On commençait à douter ces derniers jours de la capacité de la coulée partie le 13 août du sommet du volcan à atteindre la route tant sa progression était lente. Finalement, elle y est parvenue, après bien des hésitations.
Ira-t-elle jusqu’à l’océan ? Certains doutaient à nouveau hier, même si l’éruption semble avoir changé de régime. Après le regain d’activité de vendredi-samedi, le niveau du trémor enregistré par l’observatoire volcanologique est en effet redevenu normal.
L’afflux soudain de lave sur plusieurs fronts, hier au cours de la journée, va-t-il se prolonger, ou est-il annonciateur d’une fin prochaine de l’éruption comme cela a parfois été le cas ces dernières années ? Il est évidemment impossible de se prononcer.
En tout cas, la côte est encore loin. Pas loin d’un kilomètre sépare la RN 2 de l’océan, la déclivité s’adoucissant de plus en plus. Au rythme auquel ont progressé les coulées la semaine dernière, l’affaire pourrait prendre un certain temps sauf regain d’activité et à condition que l’éruption se poursuive ! Les dernières coulées à avoir atteint la mer sont celles de janvier et novembre 2002. Auparavant, il faut remonter à 1986, 1977 et 1961.
A noter que plus d’une coulée ayant traversé la route n’a pas atteint l’océan. Cela s’est produit en 2001 (les deux coulées du piton Madoré ont tout juste franchi la route) et 1976. En 1998, la coulée avait même cessé sa progression 2,5 m avant d’arriver au bitume !

• Une coulée inhabituelle
La coulée qui a atteint hier après-midi la RN 2, large de près de 100 m hier soir, ne ressemble à aucune de celles qui ont traversé la route au cours des dernières décennies : ce n’est pas un monstrueux mur de gratons noirâtre de 4 mètres de haut avançant tel un bulldozer mais une espèce de nappe très lisse, mouvante, couleur argent, épaisse de pas plus de quelques dizaines de centimètres au début, presque une lave cordée, ainsi nommée en raison des formes prise par la matière lorsqu’elle s’écoule. Une lave très dégazée, pâteuse, arrivée sur le littoral après avoir circulé en tunnel sur pas loin de 8 kilomètres. On peut voir ces coulées typiques arrivant à la route dans les reportages consacrés au volcan Kilauea, à Hawaii.

Photos Richel Ponapin, Tino, François Martel-Asselin









La RN 2 s’est soudainement animée dimanche matin avec l’apparition de nombreux acteurs habituellement associés aux “scénarios catastrophes”. Aux gendarmes rudement mis à contribution depuis le début de la semaine dernières se sont ajoutés militaires du 2e RPIMa, sapeurs-pompiers, bénévoles de la Croix-Rouge, personnels de l’Office national des forêts, de l’Equipement. Un poste médical avancé a été mis en place à 20 h côté nord.