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ARTICLE DU 20/08/04



En route pour le front de coulée

Les gendarmes sont allés hier après-midi à la rencontre de marcheurs qui avaient entrepris de monter en direction du front de la coulée de l’actuelle éruption, pour leur demander de faire demi-tour. L’interdiction d’accès à l’enclos du volcan étant toujours en vigueur, et le Grand-Brûlé faisant partie de l’enclos, vous l’aurez compris, la liberté de mouvement est plutôt limitée du fait de l’arrêté préfectoral.
La vingtaine de spectateurs entreprenants - au demeurant correctement équipés selon les gendarmes, sauf un, “en nu-pieds”, sont donc redescendus vers la route nationale. Allez susciter la curiosité et la vocation scientifiques avec ça…
Quoiqu’il en soit, et malgré les apparences, la prudence est de mise : si l’on trouve facilement le chemin de l’éruption en empruntant la voie naturelle que constitue la coulée de juillet 2001 du piton Madoré, il en va différemment à la descente. La coulée du Madoré, comme les autres, comporte de multiples ramifications, des sortes de “bras morts” qui achèvent leur course dans la forêt inextricable du Grand-Brûlé. Celui qui bute sur un tel cul-de-sac ne doit pas chercher à traverser la forêt, surtout de nuit : dans cette jungle, on progresse avec difficulté et trop lentement, en s’épuisant, avec le risque de tourner en rond. Mieux vaut encore entreprendre une remontée dans les gratons, aussi pénible soit-elle, afin de tenter de retrouver la coulée principale.
Il y a quelques jours, la gendarmerie a été alertée par la mère d’un jeune Saint-Andréen parti à la rencontre des coulées et dont elle était sans nouvelles. Perdu dans l’obscurité, il avait préféré attendre l’aube. Il a regagné son domicile au matin et par ses propres moyens, mais se souviendra sans doute longtemps de sa nuit à la belle étoile…