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ARTICLE DU 19/08/04
Un regain d’activité du volcan hier matin a accéléré la progression de la lave en direction de la route nationale 2 dont elle se trouvait hier soir à 2 kilomètres, localisée à 370 m d’altitude. Mais rien ne permet d’affirmer que les coulées vont aller lécher les pieds des spectateurs !



Cap sur la route


L’éruption du vendredi 13 ne payait pas de mine… Pourtant, il faut se méfier des rebondissements toujours possibles avec notre volcan. Depuis quarante-huit heures, les coulées ont entrepris une nouvelle descente vers le Grand-Brûlé. Parvenue à 800 m d’altitude mardi soir, la lave a gagné en une journée plus de 400 m de dénivelé. La raison ? Sans doute le regain d’activité enregistré hier matin entre 3 h 30 et 9 h 30 : l’observatoire volcanologique a assisté à une montée très sensible du trémor pendant près de six heures. Il est ensuite redescendu, restant cependant à un niveau supérieur à celui des jours précédents. Pendant quelques heures, le cratère de l’éruption, à 2 200 mètres d’altitude, s’est réactivé, abritant un lac de lave bouillonnant furieusement.
La section aérienne de la gendarmerie a survolé longuement la zone de l’éruption hier à 16 h 30. Les coulées descendent en tunnel, invisibles, jusqu’à 1 300 m d’altitude. La forte déclivité de la zone des Grandes pentes leur permet de progresser rapidement. Ensuite, c’est une autre paire de manches : parvenu à 370 m d’altitude vers 19 h, le bras principal a semblé se figer lentement avant même d’attaquer le long replat de deux kilomètres du Grand-Brûlé précédant la route nationale 2. Dans le même temps, de nouveaux bras jaillissaient des hauteurs, lançant un nouvel assaut nocturne…
Rien ne dit toutefois que les coulées parviendront à atteindre la route : ces dernières années, on a vu la lave s’arrêter à ce stade, faute d’une alimentation suffisante. Mais il y a eu aussi l’éruption de juillet 2001 au piton Madoré, où la lave a coupé deux fois la route en deux jours ! Sans parler de celles de janvier et novembre 2002 où le volcan a rejoint l’océan.

Texte et photos : François Martel-Asselin