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ARTICLE DU 16/12/03



Un phénomène rare mais dangereux

Les éruption phréatiques, rares, se produisent quand le magma entre en contact avec de l’eau (nappes phréatiques…), cette dernière se vaporisant et générant de fortes pressions qui déstabilisent le volcan avant de provoquer son explosion.
En décembre 2002, à la suite de l’éruption du piton Guanyin, l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise avait été confronté à une situation similaire. Après plusieurs semaines d’attente et des milliers de séismes, un effondrement s’était produit dans le cratère Dolomieu, d’ampleur limitée toutefois, sans projection de blocs. En juin dernier encore, l’éjection d’un puissant panache de cendres noir dans le cratère Dolomieu avait suggéré un possible événement de ce type mais il n’en fut rien. En revanche, à l’issue de l’éruption de mars 1986, une crise sismique terrible s’était conclue par une brutale explosion nocturne à l’intérieur de ce même cratère. Elle avait été à l’origine de la formation d’un spectaculaire cratère puits (pit crater) de 150 m de diamètre pour 80 m de profondeur, accompagnée du recouvrement d’une superficie importante du sommet par des débris de roches anciennes. Heureusement, à cette heure de la nuit, personne ne se trouvait là… Des témoignages sur des événements de ce type plus anciens existent. Le plus connu date de 1860 : des “roches” étaient retombées dans les hauts du village de Bois-Blanc et des cendres avaient arrosé la région dans un diamètre de trente kilomètres.
L’aviation civile, sans interdire le survol de l’enclos, a néanmoins diffusé un Notam (avis) recommandant la prudence.