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ARTICLE DU 08/12/03
Le piton de la Fournaise s’est réveillé hier après-midi, pour la quatrième fois cette année. Vers 0 h 30 la nuit dernière, les premiers observateurs ont pu confirmer que la lave coulait dans le cratère Dolomieu. Mais l’activité semblait avoir déjà beaucoup faibli.



La quatrième éruption de l’année


Depuis la crise sismique du 6 novembre, l’observatoire volcanologique se tenait sur ses gardes alors que la préalerte était toujours en vigueur. Et hier, à 14 h 29 a débuté une nouvelle crise qui a débouché sur une éruption cette fois, à 15 h 35. Le magma est sorti sans grande difficulté … et sans témoins : le temps maussade qui régnait depuis la fin de la matinée avait ramené vers le pas de Bellecombe les derniers visiteurs.
Il était impossible hier en soirée de dire précisément où la lave était sortie. Un survol tenté par la gendarmerie n’a pas abouti en raison de la couche nuageuse dense recouvrant le massif du piton de la Fournaise. Les gendarmes du Peloton de haute montagne venus en voiture depuis la Plaine-des-Cafres et partis à pied pour s’assurer qu’il n’y avait plus de randonneurs dans l’enclos n’ont pas plus vu le spectacle !
Après avoir fluctué, le trémor qui constitue en quelque sorte le pouls de l’éruption se maintenait à un niveau moyen hier soir, selon Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire qui assurait la garde la nuit dernière dans les locaux de Bourg-Murat.

Un gonflement persistant

La localisation de l’éruption, dans le sud-est du cratère Dolomieu, semble en tout cas conforter l’analyse faite par les scientifiques de la crise sismique du 6 novembre. La minutieuse campagne de mesures GPS effectuée tout récemment avait montré un gonflement du sommet (et des déplacements horizontaux de valeur similaire) atteignant 30 centimètres dans la zone sud-est du sommet, là où s’est produite l’éruption d’hier. C’est à l’aplomb de cette zone que s’était injecté le magma, qui y a “mitonné” un mois avant de se décider à sortir. Depuis ces dernières semaines, l’observatoire enregistrait d’ailleurs entre dix et vingt séismes chaque jour et un gonflement persistant du volcan, preuve qu’il allait se passer quelque chose.
Les scientifiques ne se livraient hier soir à aucun pronostic sur la durée possible de la nouvelle éruption. Selon les premiers témoins, le niveau de l’activité semblait aller s’affaiblissant.

François Martel-Asselin volcan@jir. fr


• Dans le Dolomieu
Si on ne savait pas exactement en fin d’après-midi où coulait la lave, les scientifiques de l’observatoire avaient déjà leur idée : Philippe Kowalski, directeur technique avait identifié un panache volcanique au-dessus du sommet grâce à l’aide de la caméra thermique.
Autre indice : les dernières données de la sonde de température implantée sous abri dans le fond du cratère Dolomieu étaient parvenues à l’observatoire à 15 h 32, c’est-à-dire trois minutes avant le début de l’éruption. L’instrument se trouvait-il donc sous une coulée ?
Confirmant l’analyse des données sismiques, une observation visuelle des premiers témoins arrivés au sommet du volcan vers 0 h 30 confirmait que l’éruption se déroulait bien dans le sud-est du Dolomieu, la lave ayant envahi le plancher du cratère jusqu’au pied de la Soufrière !