ARTICLE DU 08/11/03
Après la crise sismique avortée de jeudi, un calme inhabituel régnait hier au volcan. Pour cette raison, la préfecture a décidé de maintenir la phase de préalerte et de ne pas rouvrir l’enclos dans l’immédiat.
Préalerte maintenue, une éruption est toujours possible
L’enclos reste fermé au public
“Nous avons enregistré un nombre très faible de séismes hier, inférieur à celui des journées qui ont précédé la crise de jeudi”, résumait hier soir Philippe Kowalski, responsable technique de l’observatoire volcanologique. L’ingénieur n’avait rien à ajouter, tant cette journée de vendredi s’est donc révélée tranquille…
Trop peut-être ? Cet apaisement s’explique sans doute par le relâchement des contraintes accumulées au fil des semaines précédentes.
De fait, “la possibilité d’une éruption dans les jours à venir n’est pas écartée”, souligne cependant la préfecture dans un communiqué rendu public hier en fin d’après-midi. Aussi l’alerte n° 1 déclenchée jeudi matin en raison de l’imminence a-t-elle été commuée, vendredi à 17 h, en simple préalerte, assortie du maintien de l’interdiction d’accès à l’enclos en vigueur depuis les éboulements à l’intérieur du cratère Dolomieu constatés le 29 octobre.
Pourquoi la violente crise sismique de jeudi matin, entre 6 heures du matin et 8 heures, n’a-t-elle pas débouché sur une éruption, comme les scientifiques l’envisageaient ? “L’intrusion ne s’est pas développée”, constate Philippe Kowalski. “Deux hypothèses : peut-être le magma a-t-il trouvé sa place dans le massif et va rester là en attendant la suite des événements. A moins que l’intrusion soit partie de plus profond, en attendant de réévoluer plus tard.”
L’incertitude règne encore en effet sur les mouvements de magma observés jeudi : “Beaucoup de choses ont été observées au sommet et au nord comme au sud de celui-ci”, poursuit le scientifique, “qui n’ont pas été clairement localisées”.
F.M.-A. ( volcan@jir.fr )