ARTICLE DU 07/11/03
Après l’alerte d’éruption imminente déclenchée hier matin, le piton de la Fournaise a progressivement retrouvé tout son calme dans l’après-midi. Mais l’enclos reste interdit au public et l’observatoire volcanologique reste vigilant, un redémarrage de la crise n’étant pas à exclure.
I pète ou i pète pas ?
Il est 6 h 01 exactement, hier matin, lorsque la première alarme retentit à l’observatoire volcanologique. Pendant plus de deux heures, une violente crise sismique sous le sommet accompagnée d’importantes déformations dans cette même zone se produit. La préfecture déclenche l’alerte n° 1 du plan de secours spécialisé “éruptions volcaniques” qui correspond au risque d’une éruption imminente. Nul besoin d’envoyer des gendarmes au pas de Bellecombe, l’enclos étant déjà fermé depuis les éboulements dans le cratère Dolomieu, le 29 octobre. Mais tandis que les scientifiques bouclent leurs sacs et achèvent de préparer le matériel pour une éventuelle dépose en hélicoptère près de l’éruption pressentie, les séismes s’espacent… Le magma continue néanmoins de progresser, plus insidieusement, se signalant désormais par des séismes “longue période” qui apparaissent de temps à autres sur les tracés. Sur les écrans de contrôle, qui analysent les données transmises par les capteurs installés partout dans l’enclos, des flèches matérialisent les déformations du sol et la direction probable prise par le magma dans son cheminement souterrain. Elles désignent le nord-est dans un premier temps.
Un gros séisme
Pourtant, au fil des heures, la crise marque le pas. L’avancée dans l’après-midi, malgré un “gros” séisme enregistré à 13 h 13 à environ 2,5 km au nord-est du cratère Dolomieu, confirme peu à peu l’avortement de la crise. Pourtant, rien ne dit qu’elle ne va pas redémarrer tôt ou tard, sans prévenir. Depuis plusieurs semaines, les scientifiques voient se rapprocher tous les signes d’une éruption qu’il prévoyaient ces jours derniers encore pour avant la fin de l’année (notre édition d’hier). Ce n’est donc sans doute que partie remise.
François Martel-Asselin volcan@jir. fr