ARTICLE DU 30/10/03
Quelques heures d’inquiétude en 2002
L’événement redouté durant quelques heures hier matin rappelle l’épisode final de l’éruption de novembre 2002 : durant trois semaines, une sismicité comme on n’en avait jamais enregistré au piton de la Fournaise a secoué le sommet du volcan, entraînant non seulement la fermeture de l’enclos par la préfecture, mais l’interdiction de descendre dans la plaine des Sables, à 7 kilomètres du sommet, pas moins… On redoutait à juste titre une possible éruption phréatique, due à la rencontre du magma et des nappes d’eau présentes à quelques centaines de mètres sous le sommet du volcan. En 1860, un événement explosif de ce type avait occasionné la projection de blocs rocheux jusque dans les hauts du village de Bois-Blanc, à Sainte-Rose. Néanmoins, en décembre 2002, tous les signes d’une telle catastrophe n’étaient pas réunis, le piton de la Fournaise ne semblant pas s’être mis réellement en pression comme on aurait pu s’y attendre sous l’effet de la vaporisation des fluides dans le système hydrothermal du volcan. Finalement, le 23 décembre, accompagné d’un séisme de magnitude 3, un affaissement somme toute limité se produisait dans la partie sud-ouest du cratère Dolomieu. D’une centaine de mètres de diamètre pour une dizaine de profondeur, c’est là, dans cette zone déjà fragilisée, que le magma allait jaillir le 30 mai dernier, lors de l’éruption suivante, pour donner naissance au piton Kaf.
Il semblait donc bien hier soir que seul des éboulements de paroi superficiels et sans rapport avec une possible éruption phréatique étaient à l’origine de la sismicité enregistrée hier matin.