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ARTICLE DU 09/09/03


Le public doit disposer de repères plus tangibles

“J'ai moi-même assez participé à la revendication de l'ouverture de l'enclos pour m'abstenir de tirer à boulets rouges sur la préfecture en de telles circonstances, je pense même que les autorités ont besoin de soutien en l'occurrence. D'ailleurs les propos de préfet à ce sujet au lendemain de l’accident m'ont étonné, c'est bien la première fois que je l'entends s'exprimer aussi nettement en faveur de l'ouverture de l'enclos pendant les éruptions…
“Comme quoi, les autorités souffrent d'un manque de communication vers le public. Si ces idées étaient exprimées plus clairement et plus souvent, je pense que les gens seraient plus disciplinés et moins virulents. Nous ne demandons rien de moins que d'attendre l'ouverture de l'Enclos pour nous rendre sur les lieux des éruptions, encore faut-il que cela soit dit clairement, car actuellement nous subissons les choses : on ferme et on ne dit pas grand-chose sur une attitude qui ressemble beaucoup à un abus de pouvoir et que l'on ressent comme de la répression. Il faudrait donc les encourager à communiquer plus et mieux. “Mais à partir du moment où l'on autorise un accés, l'invitation implicite incite les gens à faire confiance et dans ce cas-là le public doit disposer de repères plus tangibles des dangers potentiels (…)
“Je pense que les responsables du marquage n'ont pas eu une vision globale de ce qui s'était passé quelques jours auparavant et leur balisage s'est fait selon une logique de "distance respectable" pour l'observation et non de connaissance ou de prise en compte des événements récents (…)
“Qui sont ces baliseurs ? Des ouvriers sans spécialité particulière et donc sans connaissance du volcan ou des personnes plus au fait des phénomènes volcaniques ? Il est sûr que ce balisage était très léger, voire négligé, et les gens arrivés de nuit (il y en a eu beaucoup), se sont dirigés au petit bonheur la chance en se laissant guider par la foule déjà présente.
“(…) Il y a suffisamment de personnes connaissant notre volcan pour donner les conseils adéquats en la matière. Il conviendrait de ne pas négliger ce paramètre dans l'établissement d'une aire de sécurité. Après on pourra effectivement parler d'imprudence ou de fatalité absurde”.

Alain


• La sécurité au volcan en questions
Des longs courriers reçus de nos lecteurs depuis l’accident mortel survenu
à Alexandre Thiault, voici quelques extraits parmi les plus significatifs. Selon les uns, une fois l’enclos ouvert au public, il n’y avait aucune raison de se méfier particulièrement en se rendant sur le site de l’éruption ; ils demandent même à y être encadrés. D’autres, au contraire, n’imaginant pas qu’on puisse totalement réglementer un espace naturel tel le volcan, prônent une liberté mieux assumée grâce à une plus grande responsabilisation du public. Ces propos pourront utilement alimenter une réflexion sur les conditions d’accès à l’enclos. Leur spontanéité, parfois édifiante, éclaire sur l’état d’esprit des visiteurs des éruptions. Ils interpellent et montrent la nécessité d’un réel effort d’aménagement et d’information.