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ARTICLE DU 09/09/03


Dans un monde outrageusement réglementé…

“Quand les autorités réglementent et organisent l´accès au site (…), elles prennent implicitement en charge la sécurité des visiteurs. Ces derniers suivent les pistes balisées et, souvent, ne connaissent pas les limites à ne pas franchir. Les pièges sont nombreux mais le spectacle tellement captivant et le désir de réussir « la » photo poussent les gens à sortir des endroits sécurisés, prenant alors des risques tels que survient l´accident (…).
“Pour éviter cela, deux solutions s´offrent. Soit faire des cheminements et des points d´observation infranchissables et, de plus, surveillés ; prévoir personnel et matériel de secours. Soit la fermeture pure et simple de l´enclos. “Dans un monde où tout est tracé, outrageusement réglementé, où nous sommes constamment obligés de suivre des chemins balisés, il doit rester des zones de liberté totale où chacun prendra ses propres responsabilités. La mer, la montagne, le désert, les grottes et les volcans doivent en faire partie.
“Dans les zones de grande affluence touristique, comme le pas de Bellecombe, où peuvent se côtoyer spécialistes, amateurs habitués et éclairés, ou visiteurs occasionnels, à la place d´une barrière, il devrait être signalé que «l´accès à l´enclos est un espace de liberté totale, que des plus forts et plus avertis que nous y ont laissé la vie, et que nous seuls sommes à même de décider de l´opportunité de nous y rendre ou pas. En cas d´accident, il est évident que nul ne doit ni ne pourra se retourner contre quiconque, si ce n´est contre lui-même (…).
“Alors oui, ce sera à chacun de décider si la liberté de vivre un moment exceptionnel vaut le risque de perdre la vie. Pour moi, il n´y a pas d´hésitation.
“Cette décision doit être prise en son âme et conscience, sans chercher quelque responsable au problème qui pourrait survenir. Juste le bonheur de décider de sa propre existence pour des raisons qui peuvent paraître futiles à d´autres. C´est peut-être là le vrai sens de l´aventure et de la liberté.”

Frédéric Marce