ARTICLE DU 30/08/03
La série de phases éruptives qui a débuté le 30 mai dernier n’est sans doute pas close. L’observatoire volcanologique enregistre en effet une forme de sismicité inhabituelle, associée à des mouvements de magma, à l’aplomb de la zone de l’éruption qui s’est achevée mercredi soir.
Piton de la Fournaise : vigilance toujours de mise

Pour Valérie Ferrazzini, sismologue à l’observatoire du piton de la Fournaise, il ne serait pas étonnant que le volcan fasse à nouveau parler de lui un de ces jours. Après tout, n’en est-il pas à sa cinquième phase éruptive en trois mois ? “Alors que l’éruption est terminée, le volcan continue à se dégonfler, s’étonne-t-elle. Et depuis la fin de l’éruption, mercredi soir, nous enregistrons des séismes longue période particulièrement nets et en nombre à l’aplomb de la zone où s’était concentrée l’activité, à côté du piton Kapor”. Les séismes longue période étant typiques de la propagation des ondes dans un milieu “mou”, explique en substance la scientifique, il y a donc tout lieu de croire que la fissure qui s’est ouverte il y a une semaine travaille toujours, que le magma qui s’y est injecté depuis la zone centrale du volcan est peut-être en train d’y poursuivre son processus d’évolution. Elle n’exclut donc pas une reprise de l’activité qui se situerait dans l’axe de la fissure de vendredi dernier, dans une direction nord-est et à une altitude plus basse par conséquent. Un tel cas de figure a un précédent récent : en janvier 2002, quelques jours après la fin apparente de l’éruption, au pied du Nez coupé de Sainte-Rose, l’activité avait repris plus bas dans la plaine des Osmondes, une nouvelle fissure s’ouvrant dans le rempart de Bois-Blanc. Après son premier réveil du 30 mai, dans le cratère Dolomieu, le piton de la Fournaise s’est à nouveau signalé les 4, 12 et 21 juin, toujours dans le Dolomieu. Puis, vendredi il y a une semaine, c’est le cratère Bory qui s’est enflammé avant que deux autres fissures ne déchirent le flanc nord du cône terminal du volcan. Celle qui passe à proximité du piton Kapor a tenu la vedette, un nouveau cône s’édifiant en quelques jours, et dévorant son voisin né en 1998. Aussi la vigilance est-elle toujours de mise et la préalerte a d’ailleurs été maintenue par la préfecture.
F.M.-A.
Enclos ouvert, préalerte maintenue
L’accès à l’enclos et les itinéraires qui mènent au sommet du volcan sont à nouveau autorisés à compter de ce samedi matin 6 h mais l’état de préalerte reste en vigueur (lire ci-dessus). L’enclos avait été fermé mercredi soir après l’accident mortel survenu sur le site de l’éruption, afin de permettre le bon déroulement des opérations de secours et pour les nécessités de l’enquête. En période de préalerte, les visiteurs du volcan sont invités à faire preuve de vigilance, notamment lorsque la météo est incertaine, au cas où une évacuation du public serait nécessaire en raison d’une alerte d’éruption imminente (alerte n° 1).
Le 30 mai dernier, l’éruption avait débuté dans le cratère Dolomieu sous les yeux de plusieurs groupes de randonneurs présents au sommet du volcan. Les marcheurs doivent donc lire les consignes affichées au pas de Bellecombe et se munir d’un équipement adapté à la marche en montagne en période hivernale.