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ARTICLE DU 25/08/03
L’éruption qui a débuté vendredi soir se poursuit à proximité du piton Kapor. L’activité semblait hier soir stabilisée, ce qui permet de penser qu’elle pourrait être bientôt accessible.

La lave fait son chemin


En moins de quarante-huit heures, le piton Kapor (“costaud”, en créole ancien) s’est sans doute découvert un rival inattendu. A ses côtés se dressait hier soir un solide gaillard, qui a déjà atteint les deux tiers de sa propre hauteur ! Et le bougre paraissait ne pas vouloir en rester là puisque de jolies fontaines de lave contribuent à accroître sa taille, à un bon rythme décidément.
Après avoir débuté vendredi soir dans le cratère Bory, l’activité s’est manifestée à travers plusieurs failles sur le flanc nord du volcan au cours des heures suivantes. Mais hier matin, elle ne subsistait plus qu’en un seul point, tout à côté du fameux piton Kapor, héros de l’éruption de mars 1998. Les coulées, pour leur part, n’ont guère progressé : selon la dernière observation aérienne disponible, réalisée hier matin par la gendarmerie, elles ont tout juste atteint la plaine des Osmondes, longeant la coulée de janvier 2002. Sauf formation de tunnels, elles ne devraient pas beaucoup progresser dans l’immédiat. Mais la situation peut évoluer rapidement dans ce domaine.
La météo ne s’est guère montrée clémente à partir de la fin de matinée d’hier. Ce qui n’a pas découragé les visiteurs, qui affluaient à l’approche de la tombée de la nuit. Un dispositif de sécurité avait été mis en place dès vendredi soir, comportant notamment des patrouilles de gendarmerie au pas de Bellecombe, et une permanence des pompiers, qui avaient monté une tente. Il semble enfin qu’une réouverture de l’enclos au public soit envisagée, vraisemblablement pour demain mardi, l’activité semblant bien stabilisée hier soir. Le balisage de l’éruption de mars 1998 mène directement à l’éruption (compter une heure à une heure et demie aller pour un randonneur confirmé) et il ne reste plus qu’à le rétablir pour partie. Ce qui ne devrait pas manquer d’être réalisé sans grande difficulté, pour le bonheur de tout le monde. Pensez d’ores et déjà à vous équiper chaudement !

• Écart de vol vers le volcan
Les Saint-Gillois l’auront peut-être remarqué, hier, au-dessus de leur tête, à l’heure de l’apéro. Car il est un ballet des plus insolites, là-haut dans le ciel, à quelque 3 000 mètres d’altitude, auquel nombre d’entre eux ont probablement eu l’opportunité d’assister depuis l’Hermitage, par exemple. En l’occurrence celui d’un avion-cargo quadriréacteur qui, bien que ne transportant aucun passager, s’est offert un petit détour à l’initiative de son pilote... tout simplement pour contempler le volcan depuis sa cabine. Ainsi trouve-t-on là l’explication de ces rondes singulières dans le ciel saint-gillois, du reste des plus insolites comme en convenaient hier la plupart des témoins.
Rien à voir donc avec certaines spéculations selon lesquelles il aurait pu s’agir des conséquences d’un encombrement des pistes ou de tout autre problème technique. Une visite aérienne qui a dû coûter tout de même la bagatelle de quelques centaines de litres de kérosène supplémentaires. Mais quand on aime, on ne compte pas.

F.M.-A. Photos Serge et Franck Gélabert