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ARTICLE DU 24/08/03
“Lorsque vous aurez fait l’ascension de ce massif, vous attraperez le virus des volcans et vous ne pourrez plus vous en défaire”. Le guide qui les avait accompagnés au sommet du Lengaï les avait prévenus et ne s’était pas trompé. En ce mois de décembre 1993, Annick et Frédéric Marce venait tout juste d’escalader le Kilimandjaro et enchaînaient avec le Lengaï. Ces deux premiers volcans africains allaient faire naître en eux une passion tout aussi vivace dix ans plus tard.

Annick et Frédéric sont tombés amoureux de notre volcan : Deux ans au chevet du piton de la Fournaise



Annick s’occupe de formation professionnelle des adultes. Frédéric est géomètre. Après leur coup de cœur africain, ils ont parcouru le monde entier sur les traces des volcans actifs de la planète. “Nous ne sommes pas des scientifiques, confie Annick. Pour ma part, c’est le spectacle offert par les éruptions qui me fascine. Frédéric lui s’intéresse davantage à la volcanologie.”
Deux à trois fois par an, le couple qui habite Briançon, à la frontière italienne, se rend sur l’Etna et le Stromboli. “Mais, confient-ils, nous sommes prêts à tout lâcher pour partir à l’autre bout de la Terre et assister à une éruption. Nous avons ainsi découvert plus de 30 volcans actifs”.
Annick se contente de regarder. Frédéric lui remplit des carnets de croquis et note minutieusement ses impressions. Adhérent de l’association Lave et de la Société volcanologique de Genève, le couple a eu l’occasion de présenter ses films à la Réunion. La route de Annick et de Frédéric ne pouvait pas manquer de croiser un jour celle du Piton de la Fournaise. “Nous nous sommes donnés deux années pour le découvrir”, racontent-ils. En juin 2002, Annick et Frédéric débarquent à la Réunion venant de Briançon avec leur camping-car et leur vieux chien. Ils sillonnent notre île. Le couple se focalise sur le massif du piton de la Fournaise auquel il rend visite au moins un week-end par mois mais ne néglige pas pour autant les sentiers de randonnée. Il sera le spectateur enthousiaste de l’éruption de novembre 2002. Malheureusement, Frédéric se blesse à un tendon d’Achille et sera privé des épisodes qui ont eu pour cadre le Dolomieu.
“Ce week-end était le premier où il pouvait remarcher, confie Annick les yeux rivés sur le spectacle offert par les fontaines de lave au pied du Kapor. Nous avions décidé de passer la nuit de vendredi à samedi dans notre camping-car à proximité du Commerson. Vers 1 h du matin, nous sommes sortis et dans l’air flottait une odeur de soufre. Nous avons tout de suite pressenti une éruption”. Le couple se précipite au Pas de Bellecombe. “Dès le pas des Sables, poursuit Annick, notre intuition a été confirmée. Le ciel rougeoyait”.
Annick et Frédéric seront parmi les premiers sur le site de l’éruption. En juillet de l’année prochaine, ils remettront le cap sur Briançon. Ils caressent l’espoir d’assister d’ici là à une éruption du Karthala, aux Comores. De toute façon, ils ne quitteront pas l’océan Indien sans avoir visité Madagascar.

A.D.