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ARTICLE DU 27/06/03

Le séisme localisé sous la ville de Saint-Paul

On en sait un peu plus sur la secousse d’une magnitude estimée à 2,5 ressentie mercredi, à 18 h 40, par de nombreux habitants de l’île, principalement dans les hauts de l’Ouest, mais également dans le Sud, voire dans le Nord et dans le cirque de Cilaos. Un peu plus seulement car, ainsi que l’explique Valérie Ferrazzini, sismologue à l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise, “le séisme s’est produit en dehors de notre réseau de surveillance, dédié uniquement au volcan”, sans lien d’ailleurs avec l’éruption en cours.
Aussi le dépouillement des données enregistrées mercredi soir souffre-t-il d’une certaine imprécision. Selon la scientifique de l’Institut de physique du globe de Paris, dont l’observatoire de la Plaine-des-Cafres est l’une des antennes à travers le monde, l’épicentre du séisme a été localisé dans un rayon de cinq kilomètres autour du quartier saint-paulois de la Grande-Fontaine. Quant à déterminer son foyer, c’est une autre paire de manches : une quinzaine de kilomètres semble une évaluation pas trop irréaliste … mais avec une marge d’erreur inconnue.
Toujours est-il que ce type de secousse, liée à la charge que la masse de l’île exerce sur la croûte océanique (notre édition d’hier), n’est pas un phénomène (on parle de “flexure lithospérique”) particulièrement rare. Hier encore, l’observatoire a en effet enregistré un séisme de magnitude 1,7 au large du Grand-Brûlé, sur la côte est de La Réunion, à 10 h 03. Et mardi, un séisme de magnitude 1,8 avait été enregistré au large d’Étang-Salé, à 18 h 39. Faute d’avoir été ressentis, ces deux événements sont donc passés inaperçus !

• Le point sur l’activité du piton de la Fournaise
Après une accalmie mercredi, le mauvais temps était de nouveau de la partie hier au volcan. L’activité se poursuit, avec néanmoins une nette baisse du trémor constatée hier. Une centaine de marcheurs au moins ont entrepris l’ascension du sommet dans la matinée, malgré des conditions météo peu encourageantes : avant le lever du soleil, selon un témoignage, le sol verglacé rendait la roche volcanique très glissante. Sur les trois bouches situées au pied du piton Kaf, dans le cratère Dolomieu, une seule restait active hier. De nombreuses coulées étaient visibles.