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ARTICLE DU 26/06/03
“C’est le poids de l’île sur la croûte terrestre. Régulièrement, ce genre de séisme est ressenti. Néanmoins l’intensité est faible compte tenu de la profondeur du phénomène”. L’explication proposée par l’observatoire volcanologique ne varie pas pour expliquer le mini-tremblement de terre qui a “touché” une bonne partie de l’île, entre le sud et le nord, hier en début de soirée.

La Réunion a tremblé

Les témoignages ont afflué hier pour évoquer le mini-tremblement de terre de 18 h 40, les personnes ayant ressenti la secousse se précipitant sur leur téléphone pour appeler leur radio favorite…
De la Plaine-des-Cafres à Sainte-Marie en passant par des communes comme l’Entre Deux, Cilaos… par des quartiers comme Piton Saint-Leu, la Chaloupe et même Plateau-Caillou à Saint-Paul… de nombreuses personnes ont juré avoir senti la terre trembler. Un phénomène décrit un partout de la même manière et surtout caractérisé par un bruit sourd “comme un tir de mine”, dira une dame de la Chaloupe Saint-Leu en direct sur l’antenne de radio Free-Dom. Un habitant de Piton Saint-Leu parlera d’un bruit rappelant celui d’un camion à pleine charge… “Les vitres de la maison ont tremblé. Un petit tremblement qui n’a pas duré. Mais il n’y avait pas de camion qui passait à ce moment là”.

“Mon zasièt mang la tremblé”

Le tremblement a été ressenti aux environs de 18 h 30 — 18 h 40. Selon les temoins, il a peu duré. Moins d’une minute en tout cas. L’observatoire parle d’une trentaine de secondes. Un temps suffisamment long en tout cas pour “effrayer” M. Payet de Palmiste-Rouge, à Cilaos. “Mi marchait sur la route quand toute la tremblé. Moin la eu peur. A la maison, ma femme la confirmé. Elle aussi la senti la terre bouger”, raconte-t-il. A Plateau-Caillou, les habitants des appartements parlent de meubles qui tremblaient, de la vaisselle qui bougeait… “Les oiseaux se sont arrêtés de chanter d’un coup”, remarque une dame tandis qu’une autre, habitante du quartier de l’Étang à Saint-Leu pense que le phénomène a été très ressenti par les animaux. “Quand j’ai entendu la maison vibrer, je suis allé voir dehors. Je pensais à un accident. Il n’y avait rien. Mais quand j’ai ouvert ma porte, mes chiens ne sont pas venus me voir. Ce n’est pas dans leur habitude. Ils avaient l’air appeuré…”
Dans ce genre de phénomène, la tendance est souvent aussi à l’exagération. Ainsi, un premier auditeur est venu dire à la radio avoir vu une “boule de feu s’écraser au sol”. Un témoignage bien évidemment fantaisiste mais confirmé dans la foulée par une deuxième personne… l’effet de la bouteille sans doute. Mais M. Rivière, de Sainte-Marie, n’avait pas l’air d’avoir respiré des vapeurs d’alcool lorsqu’il a ressenti le mini-séisme. “Moin l’été à table en train de manger quand la table la bougé avec mon zasièt mangé. L’avait personne sous la table…”, raconte-t-il. On ne saura cependant pas si celà lui a coupé l’appétit…

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Les derniers séismes
— 25 avril 2002, à 0 h 27, une secousse de 75 secondes (magnitude 2,8). A Saint-Denis, au Journal de l’île, des cloisons légères se mettent à frémir : un journaliste pense — à tort — qu’une voiture vient d’emboutir un mur. Cart d’autres témoins ont bien senti leur lit vibrer à Sainte-Suzanne (Bagatelle), Sainte-Marie (Grande-Montée, Bois-Rouge, Les Cafés), à Sainte-Clotilde, Saint-François, Le Brûlé, à La Possession. Le séisme n’a pas été enregistré et ne peut donc être déterminé. Sans doute au large de l’île.
— 10 février 1998, sous la région d’Etang-Salé, à 30 kilomètres de profondeur, à 7 h 51. D’une magnitude 2,6, il est ressenti à Cilaos, Palmiste-Rouge, Saint-Louis, Etang-Salé, Les Avirons, La Chaloupe Saint-Leu, le Plate, Trois-Bassins, Saint-Gilles et jusqu’à Boucan-Canot.
— 3 juin 1997 à l’aplomb de la région de Saint-Denis, des témoignages isolés l’ont signalé ; un autre séisme, plus faible, avait été enregistré la veille, non ressenti par la population.
— 29 mai 1996 à l’aplomb de la Roche écrite, entre 13 et 15 km sous le niveau de la mer.
— 8 janvier 1994 à l’aplomb de la plaine des Lianes, dans les hauts de Bras-Panon, à 30 km de profondeur.
— 14 février 1992 à 30 km sous le Piton des Neiges.
— 13 février 1992 à une quinzaine de kilomètres au large de Saint-Denis — Sainte-Marie, entre 20 et 40 km de profondeur.
— 5 novembre 1991, à 22 h 6 puis quelques heures plus tard, le 6, à 1 h 18, deux secousses réveillent quelques habitants du Nord de l’île. La plus forte, la seconde, a fait vibrer la Réunion durant trois minutes et dix secondes. Origine : une vingtaine de kilomètres de profondeur à peine, centrée sous les hauts de l’Est.
— 21 décembre 1990, à 9 h 1, une secousse très bien ressentie — principalement de Saint-Louis à Saint-Joseph — déclenche une avalanche d’appels sur les standards téléphoniques de l’observatoire, des gendarmeries et des médias. D’une magnitude 3,3, elle a duré deux minutes et dix secondes ; on localise son origine à l’aplomb de la ville de Saint-Louis, à environ 35 kilomètres sous le niveau de la mer.
— 13 octobre 1990, à 3 h 36, l’observatoire volcanologique enregistre une secousse de plus de cent vingt secondes, localisée à une vingtaine de kilomètres sous le niveau de la mer, tandis que bon nombre d’habitants du nord et de l’ouest sont réveillés, rapporteront-ils par la suite, par un sourd grondement.
— 18 juin 1990, à 15 h 45, une secousse est ressentie essentiellement dans le sud de l’île, de Petite-Ile à l’Etang-Salé. Un témoin, à la plaine des Makes rapporte avoir senti la table et les chaises bouger. Magnitude : 2,9 sur l’échelle de Richter. Localisation du foyer du séisme : une dizaine de kilomètres en dessous du niveau de la mer à la verticale de Notre-Dame-de-la-Paix. La “réplique” survient le surlendemain, trente-six heures après le premier événement. Elle n’est même pas ressentie par la population.
— 16 décembre 89, séisme d’une à deux minutes entre 15 et 20 km à l’aplomb de Saint-Philippe.
— 12 septembre 1988, à 6 h 15, des habitants de la Possession, Saint-Paul, Salazie, Rivière-des-Pluies sont tirés du lit par une secousse évaluée à 3 sur l’échelle de Richter.
— Au cours de la période historique (c’est-à-dire depuis qu’elle est habitée, à peine plus de trois siècles), l’île n’a connu qu’une douzaine de séismes ressentis par la population. Le plus notable : celui de 1863, estimé d’intensité 6. On en observa les effets jusqu’à l’île Maurice et, à Saint-Pierre, la mer se retira, laissant à sec des poissons sur le sable.


• 30 secondes de frisson
Ce type d’événements ressentis par la population n’est pas rare à la Réunion. On en relève environ un par an en moyenne, même si l’on de dispose pas de données plus anciennes fiables.
Pourquoi l’île tremble-t-elle ? “Comme pour toutes les îles volcaniques jeunes, expliquait-on hier soir à l’observatoire volcanologique, la lithosphère (croûte terrestre) qui les supporte s’enfonce sous leur poids au fil du temps qui passe. D’où ces “craquements” que l’on ressent parfois.”
Le volcan, actuellement en éruption, n’est pas en cause. La secousse d’hier, à 18 h40 précisément, a duré trente secondes environ, pour une magnitude estimée provisoirement à 2,5. La détermination de son origine sera calculée aujourd’hui, mais une première analyse effectuée hier soir semble le localiser sous la côte Ouest de l’île.