ARTICLE DU 01/06/03
Le sommet du volcan, hier, bougeait toujours un peu et fumait surtout. L’éruption de vendredi est-elle vraiment terminée ? Presque tout semble l’indiquer, quoique…
Après l’éruption éclair de vendredi dans le cratère Dolomieu
La Fournaise sous surveillance
Au lendemain de l’éruption éclair de vendredi midi, le réseau de surveillance du piton de la Fournaise continuait hier encore d’observer des “résidus de trémor” et un “dégazage bien visible” au niveau du cratère Dolomieu preuve, selon la sismologue Valérie Ferrazzini, de la présence de magma à faible profondeur sous la surface. Même si l’éruption semble avoir pris fin au bout de trois d’heures d’activité, vendredi entre 11 h 55 et 15 h 15 environ, l’équipe scientifique en poste à Bourg-Murat, continue donc d’assurer une veille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les chercheurs guettent en effet les signes d’une éventuelle reprise d’activité qui ne peut être d’office écartée, même si, en dehors du trémor, aucun signe autre que de petits éboulements souterrains n’était signalé hier, dans le courant de la journée.
La chercheuse de l’observatoire volcanologique, même s’il est prématuré de tirer des conclusions hâtives, concède-t-elle, trouve dans l’événement de vendredi des similitudes avec les éruptions qui se succèdent depuis février 2000 (piton Célimène, sur le flanc nord du Dolomieu). Selon elle, toutes auraient été alimentées depuis une même chambre magmatique, une hypothèse qu’elle formule à partir de données qui relèvent justement de sa spécialité, l’étude des séismes : “Depuis février 2000, toutes les éruptions sont parties de la même chambre, en relation avec la zone d’effondrement du sommet dont elle se trouve à l’aplomb”. Cette zone d’effondrement (lire notre édition d’hier) est le résultat de l’affaissement brutal qui a affecté la partie sud-ouest du cratère Dolomieu à la fin de l’éruption du mois de novembre 2002, sans doute provoqué par une vidange partielle de la chambre au fil des éruptions.
Fins brutales
“Cette chambre se situerait vraisemblablement entre 500 mètres et 1 kilomètre au-dessus du niveau de la mer”, là où sont enregistrés les séismes, poursuit Valérie Ferrazzini, qui note également : “Toutes les éruptions depuis février 2000 ont cette caractéristique dont on ignore les raisons : elles s’achèvent brutalement, en quelques minutes, accompagnées d’une très forte sismicité”.
L’éruption d’hier, un peu particulière de ce point de vue, en raison de son caractère éclair, sortirait un peu du lot. Mais est-elle réellement achevée ? En janvier 2002, l’éruption semblait moribonde après quatre jours d’activité lorsque, trois jours plus tard, une nouvelle phase débutait, une coulée coupant la route et atteignant la mer… La présence d’un panache de vapeur chargé en soufre au-dessus des cratères incite donc à la vigilance.
François Martel-Asselin
L’accès à l’enclos du volcan est interdit au public. Un dispositif de gendarmerie est présent au pas de Bellecombe.