ARTICLE DU 19/12/02
Alors même que l’éruption du piton Guanyin n’était pas achevé, les scientifiques de l’observatoire volcanologique avaient enregistré une forte augmentation de la sismicité au sommet du Piton de la Fournaise. Le phénomène se poursuit et même s’amplifie. Un effondrement dans le Dolomieu est de plus en plus probable. L’enclos reste totalement interdit.
La Fournaise toujours sous surveillance
Le 3 décembre dernier au petit matin, après avoir coupé à deux reprises la RN2 dans le Grand Brûlé, les coulées parties du piton Guanyin à 1 600 m d’altitude se figent. Officiellement l’éruption est terminée. A l’observatoire volcanologique de Bourg-Murat à la Plaine-des-Cafres les scientifiques n’ont pas pour autant levé le siège.
Avant même la fin de l’activité, ils enregistraient une siscimicité très importante à l’aplomb du sommet du Piton de la Fournaise prémice d’un effondrement massif.
Les jours ont passé, le phénomène ne s’est pas produit mais la menace n’est pas pour autant écarté. Hier, 1 239 séismes dont plus d’une douzaine d’une magnitude supérieure à 2, ont été dénombrés. Pour les volcanologues, la possibilité d’un effondrement dans le Dolomieu devient de plus en plus probable. Celui-ci peut intervenir en douceur ou brutalement et s’accompagner de projection de roches.Les spécialistes ont en mémoire l’explosion phréatique de mars 1986. Elle avait laissé dans le fond du cratère Dolomieu un trou parfaitement circulaire de 150 m de diamètre pour 80 m de profondeur comblé par les éruptions suivantes de la fin 1986 et de 1987 qui se sont produites à l’intérieur du Dolomieu. Mais surtout, l’événement avait été accompagné de cendres et de blocs rocheux recouvrant une aire d’environ 1 kilomètre carré.
A titre de précaution, la préfecture maintient l’interdiction d’accès à l’enclos y compris aux personnes détentrices d’un laissez-passer. Demeurent également interdits le survol d’une zone de deux kilomètres autour du Dolomieu et le poser d’hélicoptères dans l’enclos.