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ARTICLE DU 09/12/02
Quelques jours après l’arrêt de l’activité du volcan, la fascination des promeneurs pour la récente coulée demeure au Grand-Brûlé. Ils n’ont pas hésité hier à se promener sur la lave solidifiée mais parfois encore brûlante.

Sur la RN 2, dans le GRAND-BRÛLÉ, quelques jours après la fin de l’éruption

“Attention, c’est encore chaud !”


Du côté de Sainte-Rose, les dernières coulées qui ont coupé la RN 2, attirent toujours du monde. Il faisait beau, hier, malgré quelques nuages qui continuaient à dissimuler le sommet du piton de la Fournaise. Le spectacle n’a plus rien de comparable à celui de la semaine passée. Mais cela n’empêche nullement touristes et curieux — en tenue décontractée, short ou pantalon de sport, baskets sans oublier la précieuse casquette — de s’offrir une petite excursion histoire de découvrir la coulée solidifiée. En famille, en couple ou entre amis, les groupes de promeneurs manifestaient un certain enthousiasme à l’idée de rencontrer ou, pour certains, de revoir l’imposant barrage rocheux.
“C’est trop chaud. Je ne me sens pas en sécurité”, s’exclame une habitante de Saint-Benoît qui refuse de monter sur la coulée. Et d’ajouter : “J’ai assisté au spectacle que nous offrait le volcan. Je suis revenue pour faire plaisir aux enfants et à mon mari.”
Bon nombre de visiteurs ont gravi la coulée, sentant ainsi pour la plupart la chaleur de la roche traverser la semelle de leurs chaussures.

PEUR DES CHEVEUX DE PÉLÉ !

Yvette, de Saint-Denis, accompagnée de sa fille Vanessa et de son amie Gilberte regrettent : “On aimerait se rapprocher au maximum, voire ce qu’il en est de la coulée depuis qu’elle a coupé la route. Mais on ne déjeunera pas ici à cause des cheveux de Pélé, on préfère aller pique-niquer à la Plaine”. Et pourtant, Madame, si cheveux de Pélé il y avait, ce ne pourrait être que durant une éruption… lorsque le vent entraîne et façonne les goutelettes de lave en fils ténus. Pas de risque aujourd’hui donc, tant pis pour vous ! Un marchand de fruits établi près du lieu de stationnement, et il a bien raison, ne partage pas le même souci. Ce qui l’intéresse, c’est l’affluence, trop moyenne à son goût : “Il n’y a pas assez de monde. On n’a pas beaucoup vendu ce matin”. Un photographe, qui a assisté au spectacle de la semaine dernière, exposait ses clichés et s’attendait à ce qu’il y ait plus de monde. En tout cas, il reste optimiste : “Même en dehors de l’éruption, les gens viennent souvent se promener ici”.
Venu de Saint-Denis en famille, Jean-Denis a affirmé s’être déplacé par pure curiosité, malgré quelques regrets : “J’aurais bien voulu voir la coulée encore fluide, ce sera sûrement pour une prochaine fois”, s’est-il résigné tout en expliquant qu’il prévoit de poursuivre sa promenade en direction des Plaines.
Suzie et Christian, qui ont assisté en direct à la traversée de la route par la lave, le samedi 30 novembre, sont fiers quant à eux de pouvoir fouler aujourd’hui cette rivière de feu qu’ils ont vu couler à tout allure jusqu’à la mer.

Pana Reeve