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ARTICLE DU 07/12/02
Première reconnaissance, hier, au sommet du volcan, après plusieurs jours de mauvais temps, et aucun effondrement visible en surface. Les 500 séismes enregistrés quotidiennement correspondent donc à des éboulements qui se dérouleraient dans une zone située à environ 500 m en dessous du cratère Dolomieu. Déception pour l’observatoire volcanologique qui craint que cette situation n’entraîne une fermeture prolongée de l’enclos.

Les effondrements se poursuivent interminablement sous le cratère Dolomieu

L’enclos risque de rester interdit pour longtemps




Les scientifiques ont dû se rendre à l’évidence, hier matin, à leur arrivée au sommet du piton de la Fournaise : alors qu’ils s’attendaient à découvrir un gouffre béant, un peu comme en 1986, produit d’un effondrement massif consécutif à l’éruption qui s’est achevée mardi, le cratère Dolomieu affichait son visage habituel. A chaque message radio en provenance de l’observatoire leur signalant un gros séisme, leur réponse signalait invariablement qu’aucun éboulement n’était audible. Valérie Ferrazzini, sismologue à l’observatoire de l’Institut de physique du globe, s’avoue franchement déçue que ses collègues montés au sommet du volcan n’y aient rien trouvé : l’intense sismicité du week-end dernier, au plus fort de l’éruption, aurait pu correspondre en effet à un épisode de formation d’un cratère-puits (pit crater), la vidange d’une chambre magmatique entraînant l’affaissement de sa voûte. Or, il n’en a rien été.
Pourtant, l’étude des séismes — entre 500 et 600 enregistrés quotidiennement — montre bien que des effondrements continuent à se produire sous le sommet du volcan. “Mais ils se produisent pour l’instant dans une zone située à 2 000 au-dessus du niveau de la mer, soit à environ 500 m sous le cratère Dolomieu”, note la sismologue.

“Cela peut prendre beaucoup de temps”

Des strates superposées s’effondrant au fur et à mesure, suppose-t-on, ces effondrements vont-ils petit à petit gagner la surface, provoquant la formation du cratère d’effondrement attendu ? C’est ce que chacun à l’observatoire volcanologique espère, pour plusieurs raisons.
L’équipe scientifique de la Plaine-des-Cafres, constituée de moins de dix personnes, assure déjà depuis trois semaines, en plus de ses tâches habituelles, des gardes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, renforcées depuis le week-end dernier en raison de la sismicité. “On ne sait pas combien de temps cette situation va durer : des semaines, des mois ? Et puis, cela veut dire surtout qu’on va laisser fermé l’enclos aussi longtemps qu’il y aura de la sismicité … Cela peut prendre beaucoup de temps … Et ça bloque tout.”
Hier, cette première sortie sur le terrain a permis en outre à l’observatoire de procéder à des réparations sur son réseau, mis à mal par la foudre du début de semaine, tandis que tournoyaient dans le ciel avions et hélicoptères, dont certains paraissaient bien peu effarouchés par l’interdiction de survol du cratère Dolomieu dans un rayon de deux kilomètres.

François Martel-Asselin


Pour voir les coulées du Grand-Brûlé

Les véhicules, dans la zone du Grand-Brûlé, au pied du volcan, dans l’Est de l’île, peuvent se rapprocher des coulées jusqu’à 400 m au Sud (côté Saint-Philippe) et 1,5 km au Nord (côté Sainte-Rose), où existent des aires sur la RN 2 permettant des demi-tours. Reste à espérer que l’afflux des visiteurs ne générera pas une situation de blocage, repoussant les limites de stationnement.
Prévoir donc chaussures de marche, vêtements de pluie, protection contre le soleil et eau en quantité suffisante car il fait chaud sur le littoral. La préfecture, dans un communiqué, demande au public de faire preuve de prudence : en ne montant pas sur les coulées (plusieurs centaines de degrés sous la surface par endroits, instabilité des blocs de lave) ; en ne quittant pas la RN 2 (fissures et crevasses sur les sentiers forestiers et sur le chemin des pêcheurs sur le littoral).