ARTICLE DU 05/12/02
Depuis la fin de l’éruption du piton de la Fournaise, dans la matinée de mardi, l’observatoire volcanologique continue d’enregistrer une sismicité importante. Mais les conditions météorologiques n’ont permis hier encore aucune reconnaissance de la zone sommitale du volcan, dont l’accès reste interdit.
L’attente se poursuit à la Fournaise

Mardi, 490 mm de précipitations ont été relevés sur la station Château-Fort, au pied du cône terminal du piton de la Fournaise, dans le sud de l’enclos. Hier soir, Météo-France a diffusé un nouvel avis de fortes pluies, attendues dans le sud-est de l’île particulièrement. Dans ces conditions, on s’en doute, aucune observation n’a encore été possible et ce depuis lundi. Or, de nombreux séismes sont toujours enregistrés, susceptibles de préfigurer un futur effondrement dans la zone du sommet du volcan, vraisemblablement dans le cratère Dolomieu. Un phénomène que l’on sait potentiellement destructif en raison des projections de blocs rocheux qui l’accompagneraient (nos précédentes éditions).
Au pied du volcan, dans le Grand-Brûlé, les dispositifs de gendarmerie ont été levés hier à 11 h 30. La circulation entre Sainte-Rose et Saint-Philippe est bien entendu toujours coupée et ce pour de longues semaines, même si les pluies de ces jours-ci promettent d’accélérer le refroidissement des coulées qui ont recouvert sur 470 m de longueur environ la route nationale 2. Outre que le mauvais temps a limité l’afflux des curieux hier, d’épais nuages de vapeur suffocante flottaient au-dessus des roches encores brûlantes où des points orange continuent de flamboyer, visibles dans les coulées où règnent encore des températures de 800° tout près de la surface.
L’approche des coulées est désormais facilitée : des barrières interdisant le passage ont été posées à 400 m de part et d’autre par la DDE, accompagnées des classiques mises en garde de l’ONF pour rappeler les risques de brûlures et de chutes dans les laves, douloureuses même lorsque la lave est figée. Quant au bilan de l’éruption côté gendarmerie, on ne déplore qu’une seule victime : un vélo resté attaché, dimanche, à un panneau indicateur. Son propriétaire, descendu à pied vers le littoral pour admirer la chute des coulées dans la mer, ne l’a pas trouvé à son retour. Et pour cause : un débordement de la coulée particulièrement inattendu avait surpris l’engin dans son sommeil et dans l’incapacité de se défendre !
F.M.-A.