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ARTICLE DU 23/11/2002
L’observatoire volcanologique a nommé hier le cône en formation sur le flanc Est du piton de la Fournaise en l’honneur d’une déesse chinoise. Mais un mauvais temps persistant n’a pas permis de reconnaissance dans l’enclos du volcan depuis mercredi.

Une semaine après le début de la deuxième éruption

Le piton Guanyin baptisé


La venue de la tempête tropicale Boura dans nos parages a troublé le ciel : depuis la nuit de mercredi à jeudi, les nuages et la pluie ont empêché toute observation de l’éruption, que ce soit au sommet de l’enclos ou depuis le Grand-Brûlé, point de vue de prédilection des Réunionnais cette fois. Qu’à cela ne tienne, l’observatoire volcanologique a tenu à respecter la tradition qui veut que soit baptisé en bonne et due forme tout cône volcanique ayant atteint une taille suffisamment respectable pour servir de point de repère dans l’enclos.
Comme tous ceux qui se sont rendus avant l’arrivée de Boura au pied du volcan, sur la route nationale 2, sans doute avez-vous remarqué, même sans jumelles, la stature du nouveau cône en formation, très échancré vers l’Océan encore mercredi, et se détachant sur le ciel, car planté à la limite de la rupture de pente du massif. Des fontaines de lave de bonne hauteur — le chiffre de 80 mètres à été avancé — en jaillissaient en permanence.
L’édifice volcanique a donc été baptisé piton Guanyin, comme la déesse chinoise, célèbre “donneuse d’enfants”, indique l’observatoire volcanologique qui poursuit : “Masculine en Inde, la divinité est devenue féminine en Chine. Vénérée à la Réunion dans certains cultes domestiques, elle trouve sa place dans le temple du bord de mer à Saint-Pierre.”

Place à la culture chinoise

Alors que durant une partie de la seconde moitié du XXe siècle, des noms de figures locales marquantes avaient été donnés au nouveaux cônes volcaniques, l’habitude avait été quelque peu perdue sur la fin du siècle dernier. L’observatoire a renoué avec la tradition depuis 1998 (piton Kapor) en puisant essentiellement ses noms de baptême dans les racines de l’île (pitons Célimène, Parvêdi, Tourkal, Madoré…). Après la culture créole et indienne, place à la culture chinoise donc…
Quoiqu’il en soit, l’éruption du piton de la Fournaise se poursuit, indiquent les capteurs du réseau de surveillance du volcan, en dépit de fluctuations typiques en cours d’éruption, et alors que quelques séismes sont toujours enregistrés quotidiennement. Il ne semblait pas hier que les coulées aient progressé en direction de la route nationale, où le plafond nuageux bas et les intempéries n’ont pas permis non plus d’observations, selon la gendarmerie de Sainte-Rose.
En début de semaine, elles étaient parvenues à 1,2 km de la RN 2 avant de se figer.

F. M.-A.


Météo incertaine aujourd’hui

L’accès à l’enclos du volcan est toujours interdit. Aucune observation possible depuis le pas de Bellecombe. Meilleure observation possible depuis la route nationale 2, en fonction du temps. Or, même si la prévision n’est pas une science exacte, Météo-France, hier soir, annonçait un ciel couvert et de la pluie dans le Grand-Brûlé pour toute la journée d’aujourd’hui. L’éruption (1600 m d’altitude) est bien visible depuis le Nez coupé du Tremblet, au départ de la plaine des Sables (attention : terrain boueux voire difficile au-delà du piton de Bert, 7 à 8 h de marche aller-retour avec 300 m de dénivelé ; prévoir des jumelles, risque de nuages jusqu’à 2000 m, masquant donc le site de l’éruption).