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ARTICLE DU 21/11/2002
Le piton de la Fournaise a tenu à souffler lui-même les dix bougies de l’anniversaire de sa maison du Volcan. La seconde éruption de l’année est une attraction supplémentaire non prévue au programme officiel des festivités. Ce dernier, qui s’intègre dans la semaine de la Science du 25 novembre au 1er décembre prochain, est particulièrement riche. Parmi les nombreux temps forts, l’exposition de vingt météorites.


La maison du volcan célèbre ses dix ans d'existence

Le piton de la Fournaise s’invite à la fête


Après le musée Stella Matutina l’an dernier, c’est au tour de la maison du Volcan de fêter, le 27 novembre prochain, ses dix ans d’existence. Lorsqu’elle ouvre ses portes en 1992, la maison du Volcan est à l’époque la seule structure à l’échelon national à être centrée exclusivement sur le volcanisme. On ne parle pas encore de Vulcania en Auvergne. La Région, pilote du projet, fait appel à deux volcanologues émérites, Katia et Maurice Krafft comme conseillers scientifiques. Ces deux passionnés qui ont consacré leur vie à l’étude des volcans de la planète, dont le Piton de la Fournaise, ont été tués en 1991 lors de l’éruption du Mont Unzen au Japon. Dans le cadre des manifestations prévues pour le dixième anniversaire de la maison du Volcan, une exposition leur rendra un juste hommage. L’événement sera l’un des points forts de la Fête de la Science du 25 novembre au 1er décembre prochain. Le site de Bourg-Murat accueillera pendant toute la semaine, un village “terre des sciences”. Sur le parking de la maison du Volcan seront regroupés tous les acteurs ayant un rapport avec le volcanisme. Ils offriront aux scolaires et au grand public des ateliers et des animations à caractères scientifiques, des conférences sur des thèmes variés : météorites (voir par ailleurs), géologie, hydrologie, volcans, cyclones, risques volcaniques du piton de la Fournaise, l’air, le climat, les émissions de dioxyde de soufre, la formation de notre île, la géothermie etc.

JEAN-LOUP CHRÉTIEN EN INVITÉ

L’accès au village “terre des sciences” sera gratuit. L’entrée du musée, gratuite pour les scolaires durant toute la semaine, restera payante sauf le dimanche 1er décembre.
Parmi les invités de marque, le cosmonaute Jean-Loup Chrétien, premier Français à être allé dans l’espace, qui animera le mercredi 27 novembre une conférence sur la Terre vue de l’espace. Mme Caillet-Komorowsky du Muséum d’histoire naturelle de Paris, auteur d’une thèse sur la météorite de Sainte-Rose (voir par ailleurs) animera également une conférence sur ce thème. “Nous avons souhaité articuler la commémoration autour de trois volets : scientifique, pédagogique et festif”, explique Blandine Magnette, conservateur de la maison du Volcan. Lundi 25 novembre, 1 500 élèves de maternelles et de primaires du Tampon défileront dans Bourg-Murat sur les thèmes de l’eau, de l’air, du feu et de la Terre. Mercredi, les enfants pourront participer à une chasse aux trésors. Samedi soir, un spectacle son et lumière éclairera les murs de la maison du Volcan et pendant tout le week-end, des sorties terrain sur la route forestière du volcan sont programmées avec l’ONF.


VINGT MÉTÉORITE TOMBENT SUR BOURG-MURAT

Elles sont attendues dimanche matin sur un vol en provenance de Paris. Un colis très précieux de sept kilos. A l’intérieur une vingtaine de météorites d’une valeur de 85 000 euros prêtées par le laboratoire de minéralogie du Muséum d’histoire naturelle de Paris, qui possède l’une des plus belles collections au monde à la maison du Volcan. Une étrange expédition qui a mis en émoi les douanes intrigués par ces matériaux d’origine extraterrestre et la compagnie aérienne dont le commandant de bord a refusé que le paquet voyage en cabine.
La présentation des vingt météorites se fera dans une vitrine spéciale où sera maintenue une atmosphère à 30% d’humidité. Malheureusement, la météorite de Sainte-Rose, la seule à avoir été découverte à la Réunion, ne sera pas exposée. Le Muséum de Paris en possède un fragment sous la forme d’une lame mince mais la plus grosse partie se trouve au Laboratoire de magma et volcan de Clermont-Ferrand.
En juin 1983, Patrick Bachélery, qui préside aujourd’hui aux destinées du Laboratoire des sciences de la Terre à l’université de la Réunion, dans le cadre de la préparation de sa thèse, étudie une coulée volcanique dans le fond de la rivière de l’Est entre le gîte du volcan et la savane Cimetière. Il découvre par hasard une météorite. Pesant 430 g elle présente un aspect caractéristique avec ce que l’on appelle une croûte de fusion formée lors de l’échauffement de l’objet à son entrée dans l’atmosphère terrestre.
Ce détail saute aux yeux du scientifique. Par la suite, grâce à la datation de la coulée sur laquelle elle a été trouvée, la chute de la météorite pourra être estimée à environ 140 ans. Le spécimen en lui-même est évidemment beaucoup ancien. Les météorites sont les plus vieilles roches connues de notre système solaire. Les plus primitives, les chondrites auxquelles appartient la météorite de Sainte-Rose, ainsi dénommée par rapport au lieu de découverte, et qui représentent 85% des chutes sont les témoins de la formation du système solaire il y a 4,56 milliards d’années. Après Patrick Bachèlery, Catherine Caillet-Komorowski du Muséum d’histoire naturelle de Paris s’intéressera à la météorite de Sainte-Rose. Elle en fera le sujet de sa thèse. Elle tiendra plusieurs conférences à la Maison du volcan entre le 26 novembre et le 1er décembre.

Alain Dupuis