ARTICLE DU 19/11/2002
La coulée a progressé d’environ 300 mètres en 24 heures et se trouvait hier à 350 mètres d’altitude. Bien malin celui qui pourrait dire si elle risque d’atteindre la route.
Le spectacle continue

On ne voit qu’elle en arrivant dans le Grand-Brûlé : la coulée de l’éruption qui a débuté samedi matin à 1 600 mètres d’altitude était arrivée, hier, à 1,4 kilomètre de la route nationale, après avoir progressé de 300 mètres en une journée. Elle longe toujours par le sud la coulée du piton Madoré (juin-juillet 2001), mais s’étale en raison du ralentissement de la déclivité, ce qui finalement ralentit son avancée.
Le trémor de l’éruption a légèrement augmenté entre dimanche et lundi, note l’observatoire volcanologique qui enregistre toujours de nombreux séismes (voir notre édition d’hier). Un survol effectué à bord de l’hélicoptère Fennec de la base aérienne Roland-Garros, en fin de matinée hier, a permis de vérifier l’absence de toute activité suspecte en haut de la plaine des Osmondes, dans le nord de l’enclos, après l’annonce par la gendarmerie d’une fumée s’échappant du cratère Picard.
Le débit à la sortie du cône actif, qui mesure une vingtaine de mètres de hauteur, restait stable hier, assez soutenu. Il alimente des coulées très visibles la plupart du temps. Mais les débordements dans les Grandes pentes ralentissent l’alimentation du front de coulée.
À la question “les coulées vont-elles atteindre la route ?”, que se posent de nombreux curieux présents dans le Grand-Brûlé, il n’est pas facile de répondre. La faible pente, la végétation, la topographie générale … et les données historiques disponibles indiquent qu’assez peu d’éruptions franchissent ces obstacles. Pourtant, comme en juillet 2001, en 1998, en 1976 par exemple, certaines conditions favorisent cet événement : durée de l’éruption, formation de tunnels de lave, regain d’alimentation de l’éruption.
Difficile par conséquent d’échafauder des hypothèses, tant la situation peut évoluer du jour au lendemain.
F.M. -A. Photos Serge Gélabert

Pour voir l’éruption
La préfecture rappelle dans un communiqué publié hier soir que l’éruption n’est visible ni depuis le pas de Bellecombe (descente dans l’enclos du volcan interdite) ni depuis les remparts de l’enclos, “y compris à partir du Nez coupé du Tremblet”. Le communiqué indique également qu’il est “strictement interdit de quitter la RN 2 et de remonter dans l’enclos pour s’approcher des coulées”.
On connaît des dents qui vont grincer : les photos dans le journal et les images à télé c’est beau, d’accord, mais bon…